Onepoint et TagPay veulent bousculer la banque digitale
Face aux néobanques et autres fintech, les banques traditionnelles font figure de paquebots difficiles à manœuvrer. Surtout lorsqu’il s’agit de mettre en place des offres digitales dans le maquis de leurs systèmes d’information. Le cabinet informatique Onepoint et la fintech TagPay espèrent avoir trouvé une nouvelle approche. «Nous voulons proposer des solutions clé en main pour déployer une banque digitale affinitaire, distincte du compte chèque classique», explique à L’Agefi Yves Eonnet, cofondateur de TagPay, start-up française au service de plusieurs néobanques en Afrique. «Ou bien ajouter une brique technologique innovante afin de moderniser ou de renforcer un système existant», ajoute Pierre-Henri Druaut, associé chez Onepoint, qui vient de muscler sa dominante bancaire en rachetant le cabinet Weave.
Agilité et complémentarité
La solution de TagPay, basée sur la technologie NSDT (authentification liée au numéro de téléphone) et hébergée sur le cloud, a vocation à remplacer le core banking (système informatique cœur) pour les paiements, les crédits et l’épargne. «TagPay apporte son agilité, qui lui permet de créer une banque mobile en Afrique en trois à six mois, tandis que notre cabinet peut fournir des services numériques complémentaires en amont et en aval, en définissant un modèle, en personnalisant le parcours client, en intégrant l’offre dans les systèmes de la banque et en formant ses collaborateurs», explique Pierre-Henri Druaut.
Les deux partenaires ont un gros client commun, la Société Générale (également actionnaire de Tag Pay), mais la banque ne serait pas à l’origine de leur alliance, non exclusive. «Nous avons déjà travaillé avec Onepoint et avec Weave. Ce sont les consultants qui nous rendaient visibles, mais désormais nous aurons une offre commune très pertinente car travaillée en amont», assure Yves Eonnet. «Jusqu’à maintenant les cabinets aidaient les banques à y voir plus clair dans le maquis des fintech. Aujourd’hui, les rôles s’inversent et Tag Pay a ses propres clients. De notre côté, nous sommes consultants donc indépendants, loin des logiques d’exclusivité qui prévalent entre cabinets et SSII dans le core banking», assure Pierre-Henri Druaut.
En attendant un futur projet commun, TagPay devrait annoncer ces prochaines semaines un premier contrat en Europe, avec une banque française (distincte de la Société Générale pour laquelle la fintech travaille en Afrique). Onepoint revendique 300 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec l’apport de Weave.
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