Oberthur prépare la vente de ses cartes à puce
Après l’échec de son OPA sur De La Rue début 2011, Oberthur Technologies a engagé un vaste remaniement de son portefeuille d’activités, avec l’aide de Rothschild. Plusieurs sources ont confirmé à L’Agefi que le groupe a mis en vente ses cartes à puce, une activité qui a représenté, en 2010, 73% de son chiffre d’affaires. Des fonds d’investissement ont déjà été approchés pour sonder leur intérêt. L’opération permettrait d’investir dans des activités en plus forte croissance, comme l’impression fiduciaire.
Révélé par Bloomberg, le projet de cession des cartes à puce a déjà été envisagé fin 2009 par la famille Savare, l’actionnaire majoritaire d’Oberthur, indique une source à L’Agefi. Plusieurs fonds avaient été contactés. Mais le groupe avait dû renoncer pour se consacrer mi-2010 à l’OPA sur le britannique De La Rue. L’échec de cette opération a relancé l’idée.
L’objectif de la famille Savare ne serait pas de vendre définitivement l’activité cartes à puce. Une partie de la somme récupérée, 40% selon une source, serait réinvestie dans le LBO aux côtés du fonds. La division identité (101,6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010) pourrait faire partie de l’opération. Au total, la valeur de ces activités est estimée à un peu plus d’un milliard d’euros, soit environ 8 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda). Interrogé par L’Agefi, Oberthur ne fait aucun commentaire.
Si les cartes à puce constituent, avec un chiffre d’affaires 2010 de 712,9 millions d’euros, la principale activité de la société, elles sont aussi la division la moins dynamique du portefeuille. En 2010, la croissance n’était que de 2,5%. Environ deux fois plus petit dans ce domaine que son concurrent Gemalto, Oberthur peine à maintenir ses marges sur un marché concurrentiel et dicté par les volumes de vente. A l’inverse, le fiduciaire recèle, selon la direction du groupe, d’importants réservoirs de croissance. En 2010, son chiffre d’affaires dans ce domaine a bondi de 34% à 145,7 millions d’euros. «Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la circulation fiduciaire en Europe affiche une croissance annuelle (7%) supérieure à celle des paiements électroniques (4%)», expliquait début avril Thomas Savare, le directeur général d’Oberthur, dans un entretien à La Tribune.
Le LBO sur les cartes à puce permettrait à Oberthur de dégager suffisamment de ressources pour investir dans le fiduciaire. Et pourquoi pas relancer son OPA sur De La Rue dont le montant approche aussi le milliard d’euros. En janvier, Oberthur avait contacté des fonds, dont Bain Capital, pour l’aider à financer son opération via une souscription d’obligations convertibles. Avec De La Rue, Oberthur passerait de la troisième à la première marche du podium mondial de l’impression de billets de banque, avec des ventes quasiment quadruplées.
Discret depuis son retrait de la Bourse de Paris fin 2008, Oberthur est épaulé par le holding financier belge Sofina qui, en 2010, a acquis 8,6% du capital de la holding de tête François-Charles Oberthur pour un montant non dévoilé. En 2010, il a dégagé un Ebitda de 160 millions d’euros (+20,6%). Au 31 décembre, ses fonds propres s’élevaient à 328,5 millions d’euros, contre 272,3 millions un an auparavant. Sa dette nette a diminué à 91,8 millions d’euros, contre 123,5 millions fin 2009, soit un ratio de dettes sur fonds propres de 0,28.
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