Nyrstar sécurise son accès au zinc en achetant le canadien Breakwater
A l’instar de la stratégie poursuivie par Arcelor Mittal dans le minerai de fer, Nyrstar sécurise son accès à la matière première. L’OPA annoncée hier sur le groupe minier canadien Breakwater doit en effet permettre à la société belge de moins dépendre des mines extérieures. Selon Nyrstar, 43% de sa production de zinc sera assurée par des ressources internes, contre 31% avant l’OPA sur Breakwater.
A terme, le premier producteur mondial de zinc, dont Glencore détient 9% du capital, compte porter son degré d’indépendance à 50%. Avec le canadien, il entre dans le top 5 des mines de zinc mondiales. Le coût moyen des exploitations de Breakwater est estimé à 750 dollars la tonne, en dessous de la barre de 1.000 dollars que se fixe Nyrstar, et alors que la tonne de zinc s’est échangée en 2010 à 2.159 dollars en moyenne.
L’offre amicale sur Breakwater, d’une valeur totale de 473 millions d’euros, constitue la deuxième opération de Nyrstar en à peine un an. En fin d’année dernière, le groupe belge avait déjà racheté le canadien Farallon Mining pour un montant de 296 millions d’euros, quelques mois après avoir échoué sur CBH Resources, une mine australienne finalement achetée par son principal concurrent, le japonais Toho Zinc. D’autres opérations pourraient suivre, l’accès aux ressources et la hausse des cours des matières poussant les producteurs et les miniers à se concentrer. Trevali Mining, qui explore plusieurs mines au Canada et au Pérou, fait déjà figure de prochaine cible.
Même si elle procure une prime de 35% pour les actionnaires du groupe canadien, l’OPA sur Breakwater a été bien accueillie. L’action Nyrstar a gagné 2,29% à 8,95 euros, hier à la Bourse de Bruxelles. D’une part, la question du financement est déjà réglée. L’acquisition sera financée par les ressources disponibles. Nyrstar a réalisé en février 2011 une augmentation de capital de 490 millions d’euros, suivie d’une émission obligataire de 525 millions en mai. D’autre part, l’OPA sur Breakwater doit également permettre à la société belge de renforcer son pôle minier, un domaine qui a commencé en 2010 à contribuer au bénéfice. Les mines ont rapporté 24 millions des 207 millions d’euros d’Ebitda générés l’an dernier. En plus de ses mines de zinc, Breakwater exploite des gisements de plomb, de cuivre, d’argent et d’or. Elle a dégagé en 2010, un bénéfice d’exploitation de 72 millions d’euros.
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