Nvidia divise les investisseurs après de nouveaux résultats impressionnants
Nvidia a annoncé mercredi la plus faible croissance de son chiffre d’affaires en sept trimestres, dépassant malgré tout les attentes des analystes. Ses prévisions sont en outre supérieures aux anticipations mais ont pu décevoir quelques investisseurs alors que l’entreprise est récemment devenue la plus valorisée au monde.
Dans ce contexte, l’action du concepteur de puces utilisées pour l’intelligence artificielle (IA) se montre hésitante. Après avoir baissé dans les échanges post-clôture de Wall Street le 20 novembre, elle a ouvert en hausse de plus 4% jeudi avant de rapidement perdre l’essentiel de ses gains.
Les attentes étaient élevées avant les résultats, Nvidia ayant augmenté de plus de 20% en Bourse au cours des deux derniers mois, atteignant même un record en séance lundi. Le titre a presque quadruplé depuis le début de l’année et a été multiplié par plus de neuf au cours des deux dernières années, ce qui lui confère une capitalisation de 3.600 milliards de dollars. Nvidia est en train de lancer sa puissante famille de puces d’intelligence artificielle Blackwell, qui pèsera sur les marges brutes de l’entreprise dans un premier temps, mais qui s’améliorera avec le temps.
37,5 milliards de dollars
La nouvelle gamme de processeurs a été adoptée par les clients de Nvidia et l’entreprise dépassera ses projections initiales de plusieurs milliards de dollars de ventes de processeurs au quatrième trimestre, a déclaré Colette Kress, directrice financière, aux analystes lors d’une conférence téléphonique mercredi. Interrogé sur des informations de presse selon lesquelles un serveur phare à refroidissement liquide contenant 72 des nouvelles puces a connu des problèmes de surchauffe lors des tests initiaux, le PDG Jensen Huang a déclaré qu’il n’y avait aucun problème et que des clients tels que Microsoft, Oracle et CoreWeave mettaient en œuvre les systèmes.
A lire aussi: La course aux investissements dans l’IA est loin d’être terminée
Dans un premier temps, les marges brutes de la famille de puces Blackwell seront de l’ordre de 70%, mais elles augmenteront jusqu'à environ 75% lorsque la production augmentera, a indiqué la directrice financière.
La société a prévu un chiffre d’affaires de 37,5 milliards de dollars, plus ou moins 2%, pour le quatrième trimestre. En bas de fourchette, cet objectif ressortirait inférieur aux attentes des analystes qui prévoient 37,09 milliards de dollars de ventes sur la période, selon les données compilées par LSEG.
«Seulement» 69,5% de croissance
Bien qu’il s’agisse toujours d’un taux de croissance stupéfiant, de 69,5% sur un an, grâce à l'énorme demande pour les puces de l’entreprise qui constituent le cerveau des systèmes complexes d’IA générative, cela marque un net ralentissement par rapport aux mois précédents, avec, par exemple, un bond de 94% enregistré au troisième trimestre.
«Les investisseurs se sont habitués à ce que cette société batte des records, mais cela devient de plus en plus difficile», a déclaré Ryan Detrick, stratège en chef du marché chez Carson Group. «Il s’agit toujours de résultats très solides, mais la vérité est que lorsque la barre est aussi haute, cela rend les choses encore plus difficiles». Le ralentissement de la croissance du chiffre d’affaires masque toutefois l'énorme demande pour les puces d’intelligence artificielle de l’entreprise, qui dominent le marché.
Nvidia a enregistré un bénéfice ajusté de 81 cents par action au troisième trimestre, contre des estimations de 75 cents par action.
Les ventes dans le segment des centres de données, qui représentent la majorité des revenus de Nvidia, ont augmenté de 112% à 30,77 milliards de dollars au cours du trimestre clos le 27 octobre. Ce segment avait enregistré une croissance de 154% au cours du trimestre précédent. La société a par ailleurs indiqué que la marge brute ajustée s’est contractée à 75%.
(Avec Reuters)
Plus d'articles du même thème
-
Face à ses rivaux, Nvidia conserve des atouts pour maintenir son leadership dans l'IA
Le géant des processeurs graphiques dévoile ses comptes trimestriels mercredi soir après clôture de Wall Street. -
Standard Chartered brise le tabou des effets de l’IA sur l’emploi
La banque annonce qu'elle va se séparer de 15% de ses salariés des fonctions administratives et centrales d'ici 2030, en vertu d'un recours accru à l'IA. Jusqu'ici, les banques ont communiqué sur l'IA et ses vertus pour doper leurs revenus. -
OpenAI remporte la bataille judiciaire face à Elon Musk
Cette victoire ouvre la voie à une introduction en Bourse du créateur de ChatGPT alors que le fondateur de SpaceX l'accusait d'avoir dévié de sa mission à but non lucratif originelle.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
- Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- Indosuez Wealth écope d'une amende de plus de 13 millions d'euros en Espagne
Contenu de nos partenaires
-
Donald Trump participera au sommet du G7 en France en juin
Donald Trump sera présent au sommet du G7, prévu du 15 au 17 juin à Evian, a indiqué un responsable de la Maison Blanche. L'atmosphère s'annonce chargée entre le président américain et certains dirigeants européens -
L’âge d’or de l’extrait
Longtemps réservé aux initiés, l'extrait de parfum s'impose comme l'un des formats les plus convoités du marché dit « de niche ». Derrière ce phénomène se tient une promesse olfactive, mais aussi une réalité économique. -
Edouard Philippe visé par une enquête pour des soupçons de détournement de fonds publics
Paris - Alors qu’il fourbit ses armes en vue de la présidentielle, Edouard Philippe fait désormais l’objet d’une enquête menée par un juge d’instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt et concussion au Havre, ville dont il est maire. Une lanceuse d’alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile. Sollicité par l’AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d’instruction et de lui désigner un périmètre d’enquête. La lanceuse d’alerte, «Judith» (prénom modifié), «se félicite de l’ouverture d’une information judiciaire sur les faits qu’elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d’instruction», a réagi auprès de l’AFP son avocat Jérôme Karsenti. Les faits sont contestés depuis le début par l’ex-Premier ministre et actuel maire Horizons du Havre, dans les starting blocks pour la présidentielle. Edouard Philippe «prend acte de l’ouverture d’une information judiciaire. Il l’apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice comme il l’a toujours fait de façon très sereine», a réagi auprès de l’AFP son entourage dans la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole. Contacté par l’AFP, son avocat Emmanuel Marsigny n’a pas souhaité faire de commentaire. Contrat pas renouvelé Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l’innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise. La plainte consultée par l’AFP estimait que le juge d’instruction devait «apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique», un tiers-lieu d’innovation. Après ses alertes, la haute fonctionnaire s'était plainte d’avoir été écartée et harcelée moralement. Son contrat n’a pas été renouvelé. Les soupçons portent sur une convention d’objectifs pluriannuelle pour l’animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l’association LH French Tech. LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG). L’association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d’euros de compensation de service public pour mener des projets. Le conflit d’intérêts «semble absolument évident», a considéré à l'époque la lanceuse d’alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023. «Opacité» «C’est le maire et son adjointe» qui, en tant que présidente de l’association, allaient «avoir la main sur des sommes considérables» pour «des activités qui peuvent concerner ses fonctions à la ville», soulignait-elle. Sur le moment, elle s'était étonnée qu’Edouard Philippe, conseiller d’Etat, n’ait pas suspecté d’irrégularités. Elle assure avoir découvert plus tard que les services juridiques avaient alerté en vain sur un possible favoritisme. Cette haute fonctionnaire avait obtenu le statut de lanceuse d’alerte en janvier 2025, contesté par Edouard Philippe. A la communauté urbaine, la Cité numérique fut «tout de suite» désignée à la lanceuse d’alerte «comme un dossier principal», relatait-elle. Mais «dès les premiers mois», elle a constaté «une opacité dans la gestion de l’association» et ne comprenait pas son activité. Elle racontait qu’on lui avait fourni «des réponses très vagues sur les dépenses, la trajectoire financière», lui reprochant «des velléités d’ingérence». Fin 2021, obtenant finalement des chiffres, elle affirmait découvrir le «très faible niveau d’activité» de la Cité numérique mais surtout «la masse salariale» composée «de jeunes salariés» qui faisaient «un peu tout» pour «des salaires bruts au-delà de 60 voire 70.000" euros. L’association sera placée en liquidation judiciaire en 2023. Philippe GRELARD et Céline CORNU © Agence France-Presse