Novo Nordisk se trouve fragilisé par le revers subi dans le diabète aux Etats-Unis
Sanofi a obtenu un coup de pouce inattendu de la part des autorités américaines. En demandant au laboratoire danois Novo Nordisk plus d’informations et de tests sur son insuline de nouvelle génération Tresiba, alors que celle-ci est autorisée au Japon et en Europe, la Food and Drug Administration a repoussé de plusieurs années la menace de nouvelle concurrence qui pesait sur Lantus, le médicament contre le diabète de Sanofi commercialisé avec Eli Lilly, numéro un mondial sur ce créneau.
Les demandes américaines devraient en effet reporter à 2016 la sortie de Tresiba, laissant d’ici là le champ libre à Sanofi. Le cours du laboratoire français a bondi hier de 3,4% à 71,40 euros, tandis que celui de Novo Nordisk plongeait de 13,22% à la Bourse de Copenhague, lui faisant perdre 10 milliards d’euros de capitalisation boursière.
«Sanofi n’a plus de concurrent jusqu'à l’expiration du brevet, ce qui signifie que les ventes de Lantus pourraient atteindre 8 milliards d’euros en 2015, contre 7 milliards précédemment attendus», selon un courtier cité par Reuters. «Un lancement éventuel en 2016 réduirait sensiblement le potentiel du médicament car la situation concurrentielle sera alors différente», ajoutent les analystes de Natixis, avec la nouvelle formulation, en 2014, de Lantus et un biosimilaire développé par Eli Lilly. Certains analystes n’excluent pas que les exigences de la FDA n’entraînent au bout du compte une interdiction pure et simple de la commercialisation du médicament aux Etats-Unis.
Même sans aller jusque-là, la décision américaine fragilise le plan de développement du laboratoire danois qui misait sur Tresiba pour rester en pointe dans le traitement du diabète. Le directeur général de Novo Nordisk, Lars Rebien Sorensen, a assuré que la demande de la FDA n’aurait pas d’impact sur les plans de commercialisation du produit en Europe et au Japon, ni d’impact significatif sur ses objectifs financiers pour 2013. En revanche, il lui sera plus difficile de respecter ses objectifs financiers à long terme.
D’autant que, comme le rappelle les analystes de Bryan Garnier, les perspectives du groupe à moyen terme dépendront désormais plus de l’avancée du médicament anti-obésité alors que celui-ci devait être initialement la «cerise sur le gâteau».
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