Nokia entame sa période de « transition » par un avertissement sur résultats
La «transition» annoncée par Nokia en février dernier s’annonce très difficile. Le fabricant finlandais de téléphones mobiles, qui doit adopter d’ici à fin 2012 le système d’exploitation Windows Phone 7 de Microsoft pour remplacer son propre système Symbian, a lancé hier un nouvel avertissement sur ses résultats, moins de six semaines après avoir établi ses dernières prévisions. Il anticipe désormais, dans sa principale division de combinés et services mobiles, des ventes pour le trimestre en cours «substantiellement inférieures» à la fourchette de 6,1 et 6,6 milliards d’euros auparavant anticipée. Au premier trimestre 2011, le chiffre d’affaires de cette division avait augmenté de 6,4% à 7,1 milliards.
La marge d’exploitation de cette activité sera toute juste à l’équilibre sur la période d’avril à juin contre une précédente estimation de 6% à 9%, en raison d’une forte intensité concurrentielle en Europe, mais aussi en Chine sur des modèles d’entrées de gamme. Le groupe, qui a renoncé à fournir des prévisions pour l’ensemble de l’exercice, se limitera désormais à des indications trimestrielles. Il a néanmoins maintenu son objectif d’un milliard d’euros d’économies de coûts à l’horizon 2013, qui lui permettrait de renouer avec une marge d’exploitation «supérieure à 10%».
«Les nouveaux modèles fonctionnant sur Windows Mobile ne seront pas sur le marché avant décembre prochain», relève Saverio Papagno, analyste chez AZ Fund Management au Luxembourg. D’ici là, le fabricant devrait subir de façon redoublée la concurrence d’Apple et de Google, alors que sa part de marché sur le segment en croissance des smartphones a été divisée par deux en 4 ans, passant de 51% à moins de 26%. L’analyste de WestLB Thomas Langer souligne en outre «un risque sur le dividende».
En dépit d’«initiatives immédiates» lancées pour adapter sa politique de prix sur le segment des smartphones, Nokia, qui va également «intensifier ses actions marketing sur les points de vente», va donc avoir du mal à convaincre les investisseurs que le plus difficile est derrière lui. L’action a d’ailleurs dévissé de 17,5% en clôturant à 4,75 euros. Elle a atteint un plus bas de treize ans et sa capitalisation boursière de 17,8 milliards d’euros représente désormais moins d’un douzième de celle d’Apple.
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