Nexans double sa présence dans les câbles d’énergie en Amérique du Nord

Le groupe rachète son concurrent AmerCable en numéraire pour 275 millions de dollars, soit 9,5 fois l’Ebitda de la cible pour 2011
Yves-Marc Le Reour

Le rachat par Nexans en numéraire de la société américaine AmerCable pour 275 millions de dollars (211 millions d’euros) paraît conforme à sa stratégie de développement sélectif. Si le prix payé, correspondant à environ une fois le chiffre d’affaires et 9,5 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de l’année écoulée, est considéré comme un peu élevé par plusieurs analystes, il est néanmoins justifié par un taux de croissance de l’activité de 37% en 2011, réalisé sur une base principalement organique.

A titre de comparaison, Prysmian et Nexans se traitaient à respectivement 7,2 fois et 8,6 fois l’Ebitda en haut de cycle, rappelle Gilbert-Dupont. Le courtier souligne que la cible «bénéficie de niveaux de marge supérieurs aux standards de Nexans», avec une marge brute d’exploitation comprise entre 13% et 15% contre 11% au plus haut chez Nexans.

Le fabricant français de câble va diversifier ainsi son assise géographique et renforcer sa base nord-américaine qui ne représente jusqu’ici que 15% de son chiffre d’affaires. Détenu depuis 2007 par le fonds de capital-investissement Quintana Energy Partners, AmerCable réalise en effet plus des trois quarts de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis et il a étendu sa présence en Chine (10% de l’activité) ainsi qu’en Amérique latine et en Australie. C’est le premier producteur en Amérique du Nord de câbles pour les équipements miniers, pour le secteur pétrolier et gazier, sans oublier les énergies renouvelables.

Cette acquisition «double la présence de Nexans» dans les mines, les hydrocarbures et le renouvelable, indiquent les analystes de CM-CIC Securities. Cette opération, qui devrait être bouclée d’ici fin février, sera financée sur la trésorerie disponible du groupe, et aura un effet positif immédiat sur les résultats.

Le PDG Frédéric Vincent précise qu’à l’issue de cette transaction, le groupe fera une pause dans sa politique de croissance externe. «Nous devons intégrer et consolider tout cela et la direction ne peut pas se démultiplier à l’infini», a déclaré celui-ci. Il estime que «la tendance grandissante au développement des hydrocarbures non conventionnels en Amérique du Nord va accroître la demande pour les produits et services d’AmerCable».

Sans s’emballer, les investisseurs ne semblent pas en désaccord : l’action Nexans a terminé sur un gain de 0,8% à 51,4 euros hier à Paris.

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