New Delhi n’ouvre qu’une partie de son commerce de détail aux sociétés étrangères
L’Inde souffle le chaud et le froid dans la libéralisation de son économie. Hier, le département gouvernemental indien de la promotion et de la politique industrielle a entériné l’ouverture à 100% des investissements directs étrangers dans le commerce de détail à marque unique. Jusqu’à présent, les enseignes à marque unique avaient le droit d’investir en Inde à hauteur de 51%, ce qui les obligeait à s’associer à des partenaires locaux.
Cette décision prend effet immédiatement et ne nécessite pas l’approbation du Parlement. Les sociétés étrangères détenant plus de 51 % de leurs enseignes devront en contrepartie s’approvisionner auprès des fournisseurs locaux à hauteur de 30%. «La clause d’approvisionnement va entraîner un bénéfice direct pour les petites et moyennes entreprises» s’est félicité le secrétaire général de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie, Rajiv Kumar.
Une décision qui permettra à des marques telles qu’Adidas, Ikea, Starbucks ou Marks & Spencer d’ouvrir leurs propres magasins sans partenaire local dans un marché clé de 1,2 milliard d’habitants. Ikea qui s’était refusé jusqu’à présent à entrer sur le marché, a affiché son envie de profiter de l’essor de la classe moyenne dans le pays dans le cas d’une levée de la barrière de 51%, comme il l’a fait en Chine où il a lancé quelques magasins. «Nous souhaitons ouvrir des magasins en Inde» a exprimé Mikael Ohlsson, directeur général du groupe, en novembre dernier au Financial Times. Et d’ajouter qu’il «existe un besoin réel de bonnes fournitures de maison à bas prix en Inde». De son côté, Marks & Spencer, déjà présent en Inde, a indiqué ne pas souhaiter se séparer de son partenaire local.
«Nous espérons que cette initiative sera suivie d’une plus grande libéralisation de ce secteur dans les prochains jours», estime Rajan Bharti Mittal, vice-président de Bharti Enterprises. Le gouvernement n’a cependant pas tranché sur la réforme annoncée en décembre autorisant l’implantation des chaînes d’hypermarchés étrangères. La virulente protestation de l’opposition et d’une partie de la coalition exprimant leurs inquiétudes d’une telle décision sur les grands distributeurs locaux qui se partagent un marché de 500 milliards de dollars, a contraint le premier ministre à faire volte-face. Un revers pour l’américain Wal-Mart, le britannique Tesco et le français Carrefour.
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