Netflix et BeIn Sports laissent peu de répit à Canal +
Canal+ bataille sur tous les fronts. Alors que le service américain de vidéos à la demande Netflix a prévu de se lancer en France le 15 septembre, la chaîne payante de Vivendi voit BeIn Sports empiéter de plus en plus sur le sport, son terrain de jeu historique. La chaîne de télévision payante à capitaux qataris a remporté l’intégralité des droits de diffusion des deux coupes d’Europe de rugby dès cette saison et pour les trois suivantes. Canal+ diffusait la compétition aux côtés de France Télévision. Cette dernière reste toutefois en compétition pour conserver le droit de diffuser le match de premier choix pour chaque journée de la Coupe d’Europe.
L’EPCR, l’organisme qui gère les coupes d’Europe de rugby depuis cette saison, n’a pas dévoilé le montant payé par BeIn Sports. Le prix de réserve par saison qui avait été fixé à 27 millions d’euros n’a pas été atteint. Mais une source proche du dossier a indiqué à l’AFP que pour mettre Canal+ hors jeu, BeIn Sports a consenti une augmentation «très importante» par rapport aux 14,4 millions d’euros payés en 2013.
Canal+ a fait du rugby l’un de ses produits d’appels sur le sport avec le football et la formule 1.Cette défaite constitue donc un coup dur pour la filiale de Vivendi d’autant que BeIn Sports menace également les droits de retransmission du championnat de France Top 14. Saisie par la chaîne qatarie, l’Autorité de la concurrence a suspendu le 30 juillet l’accord conclu en janvier entre la Ligue nationale de rugby (LNR) et Canal+ pour 355 millions d’euros pour la période 2014-2019. La LNR et la chaîne payante sont soupçonnées «d’entente anticoncurrentielle» par l’Autorité. Leur recours doit être examiné demain par la cour d’appel de Paris.
L’irruption de BeIn Sports a provoqué une inflation des droits de retransmission des compétitions sportives en France. Début avril, Canal+ a sauvé son produit phare, la Ligue 1 de football, mais au prix d’une augmentation de 28% de la facture payée à la Ligue de football professionnel, à 540 millions d’euros au total. Un surcoût de 120 millions d’euros, nécessaire pour préserver le modèle premium de Canal+, mais qui a peu de chance d’être amorti par une augmentation du prix des abonnements dans le contexte actuel de concurrence. L’impact sur l’Ebitda de Vivendi est estimé à près de 5%.
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