Neopost s’ajuste pour tenter de répondre à la numérisation du courrier
A l’image de ce qu’ont pu connaître les éditeurs d’annuaires, Neopost subit depuis quelques années une érosion continue de son activité historique des solutions de traitement du courrier sous l’effet de l’arrivée du numérique. Entre 2010 et 2013, le marché mondial que le groupe français se partage avec l’américain Pitney Bowes a plié de 2,9% en moyenne par an.
«Face à ce déclin, nous avons répondu en gagnant des parts de marché ce qui nous a permis de maintenir notre chiffre d’affaires autour de 900 millions d’euros», explique Denis Thiery, le PDG de Neopost. Mais même si sa «première mission est de préserver les cash-flows» de l’activité courrier traditionnel, notamment pour garantir le dividende, le dirigeant est bien conscient que cette stratégie n’est pas durable. Le groupe a émis fin 2014 un avertissement sur résultats lié à la dégradation de l’activité courrier.
Pour réduire sa dépendance aux enveloppes papier, Neopost veut pousser aujourd’hui ses nouvelles activités, dont la croissance organique frôle les 15%, pour les «amener à peser plus d’un tiers du chiffre d’affaires» à l’horizon 2017-2019, soit plus de 500 millions d’euros contre 220 millions en 2014. L’acquisition du suisse GMC en 2011 a déjà permis d’intégrer plus de solutions numériques dans le courrier classique, mais Denis Thiery veut aller plus loin malgré un risque naturel de cannibalisation de l’activité traditionnelle et une certaine inquiétude des commerciaux habitués à vendre des appareils d’affranchissement ou de pliage des lettres. «Le chiffre d’affaires généré par l’offre de courrier hybride est supérieur à celui perdu sur l’activité classique, avec des marges identiques», assure Denis Thiery. La seconde priorité vise à positionner Neopost sur le marché des outils de traitement des colis en forte croissance dans le sillage du commerce en ligne.
Cette adaptation pèsera sur la marge d’exploitation, avec un repli maximal au-dessus de la barre des 18% les premières années avant de remonter progressivement entre 20% et 22%. «Une fois le virage accompli, notre niveau de marge sera proche des 22% de 2014 mais surtout le modèle sera nettement moins capitalistique alors que nos machines d’affranchissement du courrier nous font supporter environ 1 milliard d’euros d’encours au bilan», explique Denis Thiery.
Le dividende, qui représentait ces dernières années 80% du résultat net, sera maintenu pour faire patienter les actionnaires.
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