Minerals Technologies passe la vitesse supérieure pour emporter Amcol
La course pour la reprise de l’américain Amcol s’accélère. Minerals Technologies a passé la vitesse supérieure en offrant 45 dollars par action en cash, valorisant le leader mondial de la bentonite 1,6 milliard d’euros.
Le marché semble croire à un nouveau relèvement de l’offre par Imerys: l’action flirtait hier avec les 47 dollars en matinée. Pour autant, rien n’est moins sûr. Si le spécialiste français de minéraux de spécialités a montré la pertinence industrielle du rachat d’Amcol, peut-il la réaliser à un tel niveau de prix? D’autant que dès l’offre initiale, les analystes ont souligné que celle-ci était élevée.
Le 12 février, Imerys avait annoncé une offre à 41 dollars. Le 14 février Minerals Technologies proposait 42 dollars, et dix jours plus tard 42,50 dollars. Le 26 du même mois, Imerys montait à 42,75 dollars. Hier, Minerals Technologies s’est targué d’une offre «nettement supérieure» à celle d’Imerys, tout en précisant que le financement de l’opération est assuré par JPMorgan. Le groupe américain a identifié un minimum de 50 millions de dollars de synergies de coûts à court terme.
Comme à son habitude, Imerys s’est refusé à commenter ce nouveau rebondissement, attendant une communication officielle du conseil d’Amcol, avant d’éventuellement relever son offre. Déjà au prix de 42,50 dollars, CM-CIC s’interrogeait sur la «digestion» de l’opération par Minerals Technologies, avec un «ratio de levier supérieur à quatre fois, difficile à supporter». Encore plus à 45 dollars par action.
«D’un point de vue bilanciel, Imerys peut facilement aller au-delà de 45 dollars par action, explique Virginie Rousseau, analyste chez Oddo. En revanche, le groupe pourrait renoncer à l’opération si elle n’est pas créatrice de valeur. Tout dépendra de sa capacité à créer des synergies. Nous misons sur au moins 30 millions de dollars de synergies de coûts, la marge d’Amcol pouvant revenir sur les niveaux de celle d’Imerys. Aussi, nous estimons qu’Imerys pourrait surenchérir légèrement au-dessus de 45 dollars, en fonction des synergies de revenus que le groupe escompte dégager».
La semaine dernière, Natixis estimait qu’Imerys «veillera à ne pas dépasser un multiple d’Ebitda 2014 de 10,6 fois (soit 45 dollars par action) pour respecter ses critères de création de valeur (15% de retour sur les capitaux employés à horizon trois ans)».
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