MiddleNext et Euronext affichent leur désaccord sur les tarifications de marché

L’association de valeurs moyennes fustige une hausse, tandis que l’entreprise de marché met en avant les efforts réalisés pour obtenir une baisse
Bruno de Roulhac

MiddleNext attend plus pour les PME cotées. Alors que le «Small Business Act n’avance plus depuis mars 2010, nous attendons un geste des pouvoirs publics sur la réorganisation des marchés et un outil de bourse opérant», confie Caroline Weber, directrice générale de MiddleNext. «Nous avons déjà investi plusieurs centaines de milliers d’euros pour soutenir les valeurs moyennes», rétorque Marc Lefèvre, directeur développement commercial et relations émetteurs listing Europe chez Nyse Euronext.

En particulier, MiddleNext fustige la politique de tarification de Nyse Euronext «qui a augmenté les cotisations des entreprises cotées, tout comme les commissions de trading des brokers valeurs moyennes, et qui facture aujourd’hui le transfert d’Euronext vers Alternext au prix d’une nouvelle introduction dénaturant ainsi l’esprit de la loi qu’avait souhaitée Christine Lagarde». Une opinion que ne partage pas l’entreprise de marché. «Depuis début 2009, notre abonnement annuel est inchangé pour les sociétés cotées sur notre marché européen, explique Marc Lefèvre. Grâce à nos efforts pour les PME et les ETI, la tarification globale a baissé ou est restée identique entre 2008 et 2010 pour 81% des sociétés cotées sur Nyse Alternext et pour 72% de celles cotées sur le compartiment C. Pour le solde, la hausse s’explique par l’augmentation du nombre de titres en circulation consécutive à des opérations de marché». En revanche, «après discussions avec les acteurs de la place, nous maintiendrons nos tarifs de transfert, considérant cette opération comme une introduction», précise Euronext.

Par ailleurs, les conseils traditionnels des PME et ETI, «sont de plus en plus réticents à inciter leurs clients à entrer en Bourse devant la complexification croissante du système, poursuit Caroline Weber. Par exemple, les nouvelles mesures prises par le H3C [Haut Conseil du commissariat aux comptes] qui imposent un changement de commissaire aux comptes dans les deux ans qui suivent l’introduction, ont pour conséquence que les commissaires aux comptes des entreprises cotables sont mécaniquement poussés à déconseiller la bourse à leurs clients au risque de perdre leur mandat».

Dans ce contexte particulièrement tendu, les propositions de l’Observatoire du financement des PME et ETI par le marché, qui doit rendre son rapport dans les prochains jours à Bercy, sont très attendues.

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