Michael Dell peine à convaincre les actionnaires de la pertinence de son offre

Le groupe texan Dell a reporté hier à la dernière minute de six jours le vote devant valider la proposition de rachat de son fondateur et directeur général
Benoît Menou

Michael Dell reste tributaire des hésitations des actionnaires du groupe informatique qu’il a fondé en 1984 et dont il a repris les commandes opérationnelles en 2007 après quelques années de recul. Son projet de sortie de la cote est bien loin en effet de faire l’unanimité. Dernier cinglant avertissement en date, le report hier à la dernière minute d’un vote des actionnaires convoqués pour l’occasion afin de statuer sur la pertinence de l’offre du dirigeant associé au fonds Silver Lake. Une offre de 24,4 milliards de dollars à raison de 13,65 dollars par action. Le vote est reporté de six jours, au 24 juillet.

Les initiateurs de l’offre, qui entendent bien transformer le groupe en un as des services informatiques loin des yeux inquisiteurs des analystes de Wall Street alors que le marché du PC est en plein marasme, subissent ainsi un sérieux revers et disposent donc d’un modeste délai pour tenter de convaincre les récalcitrants.

Ces derniers comptent dans leurs rangs un turbulent investisseur en la personne de Carl Icahn. Ce dernier, associé à Southeastern Asset Management, a promis de monter une offre à 14 dollars par action qui n’aboutira pas au retrait de la cote et comprend des options d’achat profitables aux actionnaires si le cours devait à moyen terme dépasser les 20 dollars. Les deux camps comptent les points, sachant que Carl Icahn détient 8,7% du capital et Michael Dell 16%. La proposition de ce dernier doit pour être déclarée amicale recevoir l’approbation d’actionnaires représentant une majorité des titres hors ceux détenus par le fondateur.

Certains actionnaires institutionnels de poids ont exprimé leur avis, BlackRock, Vanguard et State Street ayant récemment selon des sources concordantes rejoint le camp Dell, qui peut aussi compter sur le soutien d’influents cabinets de conseil en vote comme ISS.

Reuters avance qu’il manquait hier au patron du groupe texan quelque 100 millions de titres sur les 735 millions nécessaires. Devra-t-il recourir à l’argument d’un relèvement du prix offert? Ce dernier représente une prime de 25% par rapport au cours de clôture du 11 janvier, à la veille des premières rumeurs concernant l’opération.

Hier soir, le titre a terminé en hausse de 1,86% sur le Nasdaq à 13,12 dollars, en dessous donc du prix de l’offre pour l’instant. Les opérateurs semblent tiraillés entre espoir d’un meilleur prix et risque de chute de la valeur si aucune offre ne devait aboutir.

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