McDonald’s devient le symbole des tensions entre Russes et Occidentaux
Les tensions politiques et économiques entre la Russie et les Etats-Unis prennent une tournure symbolique. Après avoir demandé mercredi la fermeture de quatre McDonald’s à Moscou, dont le premier à avoir été ouvert dans le pays en 1990 quelques mois avant la chute de l’URSS, l’agence russe de protection des consommateurs, Rospotrebnadzor, a lancé hier des vérifications inopinées dans plusieurs autres régions du pays, dont celles de Sverdlovsk au centre de la Russie. Une douzaine de restaurants de la chaîne américaine seraient concernés. Le groupe de fast-food en compte 438 dans toute la Russie. McDonald’s a indiqué hier collaborer avec les autorités. Il examine les faits qui lui sont reprochés afin de préparer un plan d’action visant à «faire rouvrir les restaurants le plus vite possible».
Officiellement, Rospotrebnadzor enquête sur des «violations des normes sanitaires» et dément toute intervention politique. Pourtant, ces actions ressemblent à une réponse directe aux sanctions économiques infligées à la Russie par les Américains sur le dossier ukrainien. «Evidemment, c’est dirigé par des questions politiques liées à l’Ukraine», a indiqué à Reuters Alexis Rodzianko, le président de la Chambre américaine de commerce en Russie. Selon lui, le tout est de savoir si les fermetures de McDonald’s sont «un simple avertissement où s’il s’agit du début d’une campagne». Le producteur de boissons Jack Daniels aurait également été inspecté ces dernières semaines selon des médias russes. Surtout, au début du mois, Moscou a interdit les importations de plusieurs denrées alimentaires en provenance des Etats-Unis ou d’Europe.
Plusieurs dirigeants d’entreprises occidentales et russes se sont inquiétés récemment dans une lettre commune des conséquences de cette escalade de sanctions économiques. Ils craignent un retour de la guerre froide avec des répercussions néfastes pour les entreprises des deux camps. Le Financial Times rapportait hier que le projet de paiement en avance de livraison entre Rosneft et le courtier Vitol, portant sur 2 milliards de dollars, a échoué, compliquant un peu plus la situation pour le groupe pétrolier russe qui ne peut déjà plus se financer auprès des banques américaines. Rosneft s’est tourné la semaine dernière vers le Kremlin pour envisager une aide du fonds souverain russe.
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