Maurel & Prom envisage de coter en Bourse sa filiale nigériane pour mieux la valoriser

L’opération prendrait la forme d’une distribution de dividende exceptionnel. Cette filiale avait été acquise 340 millions de dollars début 2010
Olivier Pinaud

Comme Accor, Sopra, ou bien encore Carrefour, Maurel & Prom est lui aussi tenté par une scission. La «junior» pétrolière est en effet mécontente de la valorisation qu’accorde le marché à l’investissement réalisé dans Seplat, une société nigériane dont il détient 45% du capital via Maurel & Prom Nigéria. Le conseil d’administration a ainsi lancé une réflexion sur la distribution des titres de sa filiale aux actionnaires de Mauel & Prom.

Les modalités de l’opération envisagée ne sont pas encore arrêtées. Elles devraient l’être lors d’un conseil d’administration prévu pour le 24 mai puis votées lors de l’assemblée générale, dont la date a été reportée du 12 mai au 29 juin. La scission pourrait «éventuellement» passer par «le versement de dividende exceptionnel à chaque actionnaire sous forme de titre Maurel & Prom Nigéria», précise la société, «en sus du dividende de 0,25 euro par action initialement envisagé». «Cette distribution conduira à une cotation séparée de cette société et permettra ainsi à chacun des actionnaires d’en apprécier la valeur réelle», espère Maurel & Prom. Pacifico, le holding de Jean-François Hénin, le PDG de Maurel & Prom, contrôle 23,71% du capital de la junior, devant la Macif (6,86%).

L’investissement dans Seplat a été réalisé en janvier 2010. Le coût d’acquisition s’élevait au total à 340 millions de dollars, en partie financé par l’émission en juillet 2010 de 70 millions d’euros d’obligations convertibles ou échangeables en actions. Rapporté au nombre de titres Maurel & Prom, cet investissement représente 2,8 euros par action, montant qui pourrait servir de valorisation théorique.

L’annonce de ce projet a été bien accueilli par le marché «dans la mesure où la scission va valoriser de manière indépendante les deux principaux actifs de Maurel & Prom, à savoir ceux au Nigéria et ceux au Gabon», explique Aurel BGC. Le cours de l’action a gagné 4,41% à 14,68 euros. Mais le gain unitaire (0,62 euro) reste tout de même inférieur au montant brut par action de l’investissement dans Seplat. Cheuvreux fait remarquer que tous les actionnaires de Maurel & Prom n’apprécieront pas forcément de recevoir des actions d’une société nigériane. Ensuite, en la rendant autonome, Maurel & Prom ne percevra plus le cash que génère sa filiale.

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