Maersk déprécie ses actifs pétroliers au Brésil

Le groupe danois comptabilise une charge de dépréciation de 1,7 milliard de dollars. Il a cédé sa participation dans le champ de Polvo
Antoine Duroyon

Le conglomérat danois A.P. Moller-Maersk fait le ménage au Brésil. Sa division pétrolière a décidé de déprécier ses investissements dans le pays à hauteur de 1,7 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros), ramenant leur valeur à seulement 600 millions de dollars environ. Trois champs pétrolifères offshore sont concernés : Itaipu et Wahoo, ainsi que Polvo, dans le bassin de Campos, le seul qui soit en phase de production actuellement.

La participation de 40% que détenait Maersk Oil vient d’ailleurs d'être cédée au groupe brésilien HRT Participacoes em Petroleo. «Il y avait beaucoup moins de pétrole que ce que nous attendions», a expliqué Nils Smedegaard Andersen, le directeur général de Maersk. «De plus, notre prévision d'évolution des cours du pétrole en 2011 était bien plus optimiste qu’elle ne l’est aujourd’hui», a-t-il poursuivi. La hausse des coûts d’exploration et de production au Brésil n’a rien arrangé. De telles charges ont contribué à apaiser une frénésie qui a débuté en 2007 avec l’annonce de la découverte de gigantesques champs pétrolifères au large de Rio.

L’analyse de Maersk pourrait d’ailleurs conduire les autres partenaires des champs de Wahoo et Itaipu à revoir aussi leurs prétentions à la baisse. Parmi ces groupes figurent le britannique BP, l’américain Anadarko, l’indien IBV Brasil et une coentreprise composée de Videocon et Bharat. Questionné sur les perspectives de Maersk dans le pétrole à plus long terme, Nils Smedegaard Andersen estime que les résultats des évaluations menées à Wahoo et Itaipu, dont Maersk détient 20% et 26,7% respectivement, étaient «clairement insatisfaisants».

La compagnie espère toutefois être en mesure de présenter à l’avenir des plans de développement commercial viables. «Nous avons acheté ces actifs immatures avec une réflexion sur le profil de production après 2020, donc cela n’influence pas nos activités à court terme. Nous avons beaucoup d’autres projets solides de production qui se présentent partout ailleurs dans le monde», a complété Jabok Thomasen, le directeur général de Maersk Oil. Sur le plan des résultats, le conglomérat danois s’est voulu rassurant ; il maintient sa prévision d’un bénéfice sous-jacent de 4 milliards de dollars cette année, malgré cette dépréciation.

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