Louis Dreyfus restera une entreprise familiale non cotée en Bourse
Margarita Louis-Dreyfus a tranché. La présidente du groupe de négoce de matières premières Louis Dreyfus a choisi de laisser la société en dehors de la Bourse. «Je ne vois pas aujourd’hui de raison d’entrer en Bourse. Nous avons les moyens d’assurer notre développement», assure dans un entretien au Figaro la veuve de Robert Louis-Dreyfus, aux commandes de l’entreprise familiale depuis le décès de son mari en 2009. Selon Bloomberg, le groupe était conseillé par Credit Suisse.
Le projet de cotation avait été sérieusement envisagé il y a un peu plus d’un an, lorsque le groupe Louis-Dreyfus était encore dirigé par Marc Veyrat, l’ancien directeur général de l’opérateur Neuf Cegetel, racheté depuis par SFR. La démission de ce dernier de la direction générale en avril 2011 signifiait déjà la fin des visées boursières du courtier. De même, un temps étudié, un rapprochement avec Bunge ou Glencore a été écarté.
«Louis Dreyfus doit rester une entreprise familiale, ce qui nous offre de vrais avantages concurrentiels notamment au cours d’une période où les entreprises cotées sont chahutées et sous pression du court terme», explique Margarita Louis-Dreyfus. Depuis sa cotation en Bourse en mai 2011, le cours du géant Glencore, l’un des premiers concurrents de Louis Dreyfus, a chuté de 25%. Par ailleurs, selon la présidente de Louis Dreyfus, le courtier se porte mieux que ses concurrents cotés comme Noble et Bunge. Une appréciation difficile à vérifier. Louis Dreyfus ne publie pas de résultats détaillés. Il a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 56 milliards d’euros et un bénéfice net de 590 millions d’euros.
Selon sa présidente, le «groupe dispose de réserves financières importantes». Cet été, Louis Dreyfus a obtenu une ligne de crédit de 400 millions de dollars, deux fois plus importante qu’initialement escompté, auprès d’un syndicat bancaire mené par Australia & New Zealand Banking Group, BNP Paribas et HSBC.
Le groupe a par ailleurs procédé à plusieurs cessions ces derniers mois, comme l’immobilier aux Etats-Unis ou les métiers de l’énergie, afin de se concentrer sur le courtage de matières premières agricoles. L’ouverture partielle du capital de filiales n’est toutefois pas exclue par Margarita Louis-Dreyfus. Récemment, la mise en Bourse de la filiale brésilienne du groupe, estimée plus de 3 milliards de dollars, aurait été étudiée.
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