Louis Dreyfus Commodities compte doubler de taille d’ici à 2018
Entre la sécheresse aux Etats-Unis, le gel de la canne à sucre au Brésil ou la maladie des caféiers au Honduras, la récolte de 2013 n’aura pas été aussi prolifique que 2012 pour Louis Dreyfus Commodities. La hausse de 10% des volumes a permis une progression de 11% du chiffre d’affaires annuel du groupe de matières premières agricoles (coton, café, blé, jus d’orange…), à 63,6 milliards de dollars. Mais la flambée du prix de certains produits, comme celui du blé aux Etats-Unis suivant la sécheresse de 2012, a pesé sur les volumes et les marges.
Le bénéfice net ajusté des activités poursuivies est ainsi tombé à 640 millions de dollars en 2013, contre 970 millions de dollars un an plus tôt. Le taux de retour sur fonds propres est revenu à 15% contre 28% en 2012, qui constituait une année record pour le groupe contrôlé par la famille Louis-Dreyfus.
Cet accroc ne remet pas en question la trajectoire de Louis Dreyfus, qui contrôle déjà environ 10% du marché mondial des produits agricoles. Profitant comme ses principaux concurrents, Archers Daniels Midland, Bunge et Cargill, de la croissance démographique et de l’amélioration du niveau de vie des populations dans les pays émergents, le groupe compte doubler de taille d’ici à 2018. Son chiffre d’affaires a déjà été multiplié par quatre depuis 2006. Chiro Echesortu, qui a pris la direction générale mi-2013, en remplacement de Serge Schoen, devenu président exécutif, prévoit d’investir 4 milliards de dollars dans des actifs de taille moyenne au cours des cinq prochaines années, ce qui doublerait la valeur de ses actifs corporels.
Face à ces ambitions, le groupe, détenu à 65% par la fondation Akira constituée en 2009 par Robert Louis-Dreyfus quelques mois avant sa mort pour transmettre son patrimoine à ses enfants et à sa femme Margarita, s’ouvre un peu plus aux investisseurs extérieurs. Exclusivement bancaire il y a trois ans, la dette de Louis Dreyfus compte aujourd’hui 34% d’obligataire. Après 350 millions de dollars de dette hybride en 2012, le groupe a placé en deux émissions 900 millions d’euros d’obligations non notées en 2013, ce qui lui a permis de porter la maturité moyenne de sa dette à 4,4 ans, contre 3,5 ans fin 2012. Une ouverture qui, à terme, pourrait conduire Louis Dreyfus vers la Bourse. Margarita Louis-Dreyfus, qui a pris le contrôle du groupe au décès de son mari, s’y est pour l’instant toujours opposée.
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