L’opérateur italien Wind profite du marché high yield pour repousser le mur de sa dette
Wind Telecomunicazioni va tester la profondeur d’un marché de la dette à haut rendement en pleine ébullition. L’opérateur de téléphonie mobile italien, numéro trois derrière Telecom Italia et Vodafone, lance une émission d’un montant de 3,75 milliards en équivalent euros (5,1 milliards de dollars), la plus importante depuis les 5,6 milliards de dollars levés par T-Mobile USA en octobre 2013.
Le placement, dont le prix doit être fixé en milieu de semaine, mobilise pas moins de dix banques: Credit Suisse, Deutsche Bank, BNP Paribas, CA CIB, Banca IMI, Barclays, ING, la Société Générale, UniCredit, Morgan Stanley et Natixis. Il constitue l’un des principaux refinancements jamais réalisés en Italie.
Objet de plusieurs rachats, et passé entre les mains de Naguib Sawiris, Wind est détenu depuis mars 2011 par Vimpelcom. Ces successions d’actionnaires, couplées à une dégradation de l’activité du groupe en Italie, ont rendu le bilan intenable. Fin 2013, l’opérateur portait une dette nette d’un peu plus de 10,4 milliards d’euros, soit 5,4 fois son Ebitda. Un boulet qui lui a coûté 925 millions d’euros de charges financières en 2013, soit près de 20% de son chiffre d’affaires et la moitié de son Ebitda.
L’émission, divisée en deux tranches en euros et en dollars, d’une maturité équivalente de 7 ans, permettra de racheter 2,7 milliards de dette senior portant un taux d’intérêt de 11,75% ainsi que 1,3 milliard de dette PIK (payment in kind) à 12,25%. Ces remboursements, couplés au report déjà obtenu de 2 milliards de lignes de crédit de 2017 à 2019, permettraient de faire tomber le mur de la dette de 2017 dont la hauteur frôlait les 6 milliards d’euros. Pour faciliter l’opération, Vimpelcom s’est engagé à injecter 500 millions d’euros en fonds propres. Le refinancement réduirait le ratio de levier du groupe à 5,2 fois l’Ebitda, voire jusqu’à 5 fois en cas de cession de ses tours de téléphonie mobile, indique Wind. Il lui permettrait aussi d’économiser 200 millions d’euros de frais financiers en année pleine.
En remodelant toute sa structure de dette, Wind pourrait se placer en meilleure position en cas de concentration du marché italien des télécoms. Les accords obtenus fin mars auprès des prêteurs ont permis d’insérer des clauses de portabilité de la dette.
Plus d'articles du même thème
-
La fintech Morpho lève 175 millions de dollars
Morpho, entreprise française spécialiste de la finance décentralisée, boucle sa plus grande levée de fonds. Elle souhaite devenir l'infrastructure technologique de référence aux yeux des institutionnels pour le crédit. -
L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
A quel point l’offre d’Intesa sur Monte dei Paschi (MPS) change-t-elle la donne pour Axa ? Dans un scénario où Intesa réussit à mettre la main sur la banque de Sienne, l’avenir de la coentreprise Axa MPS a du plomb dans l’aile et pourrait accélérer le repositionnement d’Axa en Italie. -
La course en oncologie nécessite de mettre le prix
Le laboratoire britannique GSK va acquérir la biopharmaceutique américaine Nuvalent pour près de 11 milliards de dollars. L’opération sera relutive dès l’an prochain sur le résultat opérationnel courant, mais seulement en 2029 sur le bénéfice par action.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Mauvaise postureEtats-Unis : les faucons républicains coincés entre Trump et Netanyahu
Les faucons du GOP sont des alliés du Premier ministre israélien. Mais les tensions avec le chef les mettent dans une situation inconfortable -
ForzaComment les banques italiennes sont devenues les plus offensives d’Europe
De Intesa sur MPS à UniCredit sur Commerzbank, les établissements italiens multiplient les offensives. -
Iran, Ukraine, ... : mythes et réalités de la guerre des récits
Face à une guerre d’influence mondiale amplifiée par la désinformation sur Internet, les démocraties occidentales peinent à contrer des récits qui exploitent leurs propres failles