L’opérateur italien Wind profite du marché high yield pour repousser le mur de sa dette

Fortement handicapé par son surendettement, le groupe va émettre 3,75 milliards en équivalent euros pour rembourser une partie de ses échéances de 2017
Olivier Pinaud

Wind Telecomunicazioni va tester la profondeur d’un marché de la dette à haut rendement en pleine ébullition. L’opérateur de téléphonie mobile italien, numéro trois derrière Telecom Italia et Vodafone, lance une émission d’un montant de 3,75 milliards en équivalent euros (5,1 milliards de dollars), la plus importante depuis les 5,6 milliards de dollars levés par T-Mobile USA en octobre 2013.

Le placement, dont le prix doit être fixé en milieu de semaine, mobilise pas moins de dix banques: Credit Suisse, Deutsche Bank, BNP Paribas, CA CIB, Banca IMI, Barclays, ING, la Société Générale, UniCredit, Morgan Stanley et Natixis. Il constitue l’un des principaux refinancements jamais réalisés en Italie.

Objet de plusieurs rachats, et passé entre les mains de Naguib Sawiris, Wind est détenu depuis mars 2011 par Vimpelcom. Ces successions d’actionnaires, couplées à une dégradation de l’activité du groupe en Italie, ont rendu le bilan intenable. Fin 2013, l’opérateur portait une dette nette d’un peu plus de 10,4 milliards d’euros, soit 5,4 fois son Ebitda. Un boulet qui lui a coûté 925 millions d’euros de charges financières en 2013, soit près de 20% de son chiffre d’affaires et la moitié de son Ebitda.

L’émission, divisée en deux tranches en euros et en dollars, d’une maturité équivalente de 7 ans, permettra de racheter 2,7 milliards de dette senior portant un taux d’intérêt de 11,75% ainsi que 1,3 milliard de dette PIK (payment in kind) à 12,25%. Ces remboursements, couplés au report déjà obtenu de 2 milliards de lignes de crédit de 2017 à 2019, permettraient de faire tomber le mur de la dette de 2017 dont la hauteur frôlait les 6 milliards d’euros. Pour faciliter l’opération, Vimpelcom s’est engagé à injecter 500 millions d’euros en fonds propres. Le refinancement réduirait le ratio de levier du groupe à 5,2 fois l’Ebitda, voire jusqu’à 5 fois en cas de cession de ses tours de téléphonie mobile, indique Wind. Il lui permettrait aussi d’économiser 200 millions d’euros de frais financiers en année pleine.

En remodelant toute sa structure de dette, Wind pourrait se placer en meilleure position en cas de concentration du marché italien des télécoms. Les accords obtenus fin mars auprès des prêteurs ont permis d’insérer des clauses de portabilité de la dette.

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