L’opérateur grec OTE boucle avec succès sa première émission obligataire depuis février 2008
Hellenic Telecom (OTE) a réussi son pari. Détenu à 30% par Deutsche Telekom et à 20% par l’Etat grec, le premier opérateur de télécoms du pays a annoncé hier que son émission obligataire senior de 500 millions d’euros à 3 ans, assortie d’un coupon annuel de 7,25%, avait généré «une demande de plus de 1,8 milliard d’euros», soit une sursouscription de 3,6 fois. OTE avait eu recours pour la dernière fois au marché de la dette en février 2008 (2,1 milliards d’euros placés à 3 et 7 ans), pour aider à financer le rachat de l’opérateur mobile Cosmote.
Le règlement des titres qui seront cotés au Luxembourg est attendu vendredi prochain. Arrangée par Alpha Bank, BNP Paribas, EFG Eurobank, HSBC et Morgan Stanley, cette opération s’inscrit dans un programme d’émission global de 6,5 milliards d’euros. C’est «le premier véritable placement obligataire d’un émetteur grec non financier depuis plus d’un an», relève Suki Mann, stratégiste crédit senior chez Société Générale. L’émission obligataire effectuée cette année par la filiale locale d’embouteillage de Coca-Cola «n’était pas considérée par le marché comme exposée au risque grec», ajoute-t-il.
S&P a attribué à cette nouvelle émission la note BB avec surveillance négative, un niveau identique à la note corporate d’OTE qui sera réexaminée d’ici fin juin. Bien qu’elle soit en catégorie spéculative, cette note est située un cran au-dessus de la note souveraine du pays, l’agence estimant que «le risque de restructuration de la dette d’OTE est actuellement plus faible que celui de la dette grecque». L’endettement net de l’opérateur s’élevait à 4,3 milliards d’euros fin 2010, soit 2,5 fois son excédent brut d’exploitation.
Son profil de dette est assez concentré avec 650 millions d’euros venant à maturité en novembre prochain, 769 millions en septembre 2012 et 1,85 milliard en 2013, selon S&P. Unicredit estime que cette émission «servira à refinancer ses échéances de dette pour 2011 et partiellement pour 2012». La capacité de l’opérateur à se refinancer de façon autonome est d’autant plus importante que son actionnaire allemand souhaite être considéré «non comme une banque, mais comme un prêteur en dernier ressort» qui appliquerait à OTE les conditions de marché, soulignent les analystes de Crédit Agricole-CIB.
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