L’opérateur en télécoms irlandais Eircom tire le signal d’alarme sur sa dette
Eircom est victime de la crise économique et financière de son pays. L’opérateur en télécoms irlandais a prévenu hier qu’il risquait de casser ses conventions bancaires dans les trois à six mois à venir. La situation est urgente, a reconnu la direction du groupe. Selon elle, si la trésorerie à court terme est assurée, les lignes seniors doivent être renégociées avec les prêteurs. Des discussions devraient être engagées dans les toutes prochaines semaines, a précisé le directeur financier, Mark Wilson.
Ces «covenants» s’appliquent à une facilité de crédit senior de 2,7 milliards d’euros divisée en 4 tranches, avec une marge comprise entre 175 et 425 points de base au-dessus de l’Euribor à 3 mois. Au total, la dette d’Ercipe, le véhicule de tête de l’opérateur en télécoms, atteint 3,7 milliards d’euros, dont 2,8 milliards payables entre 2014 et 2016. Elle représente plus de 4 fois l’ebitda. Le groupe a mandaté JPMorgan et la boutique Gleacher Shacklock pour l’épauler.
La crise en Irlande a fortement pénalisé Eircom, l’opérateur historique du pays. Présent dans l’île, le groupe ne peut pas compter sur d’autres pays pour se rétablir. Au premier semestre de l’exercice en cours, son chiffre d’affaires a baissé de 5,7%, à 880 millions d’euros, et son excédent brut d’exploitation (Ebitda) a plié de 1,5% à 322 millions d’euros. Résultat, le groupe a brûlé 20 millions d’euros de trésorerie. Eircom a indiqué que la crise avait provoqué plus de 75.000 ruptures d’abonnements de téléphonie mobile dans le pays en quelques mois. Un accord devrait être prochainement trouvé avec les syndicats pour mettre en place un plan de réduction des coûts de 90 millions d’euros.
Contrôlé depuis début 2010 par le fonds souverain singapourien Temasek Holdings, Eircom supporte la dette héritée d’un LBO mis en place en 2006 sous l’égide du fonds d’investissement australien Babcock & Brown avant le rachat du groupe par Temasek. Hier, la direction d’Eircom a indiqué qu’elle bénéficiait du soutien de l’actionnaire de référence. Selon elle, Temasek est parfaitement conscient qu’une augmentation de capital constitue une solution de secours pour Eircom. Mais compte tenu des accords en vigueur, la solution ne peut être mise en œuvre qu’une seule fois dans l’année.
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