L’offre sur Logica révèle la faible valorisation des SSII
Moins dynamique et moins rentable que ses concurrents, mais aussi plus endetté, le britannique Logica apparaissait depuis quelques mois comme une cible évidente dans les services informatiques européens. L’offre du canadien CGI a donc peu surpris.
En revanche, l’opération a un mérite: elle remet en lumière la faible valorisation des SSII. A 10 fois le bénéfice par action, 8 fois l’excédent brut d’exploitation et 0,6 fois le chiffre d’affaires estimés pour 2012, la proposition de rachat de Logica est en effet nettement supérieure aux multiples actuels du secteur. Selon Exane BNP Paribas, le multiple d’Ebitda du secteur est quasiment deux points inférieur.
Le rachat de Logica par CGI présente un second avantage. Le canadien n’est pas un «casseur de prix». Un soulagement pour beaucoup de concurrents qui redoutaient qu’un groupe indien ne profite d’une acquisition en Europe pour exacerber un peu plus la pression sur les contrats de services informatiques externalisés. De même, CGI étant peu présent en Europe avant l’opération, le rachat ne devrait pas modifier l’état actuel de la concurrence.
La réalisation de l’opération milite ainsi pour une revalorisation de fond du secteur, d’autant qu’elle pourrait ranimer la spéculation sur une concentration plus marquée du secteur. La plupart des analystes ne s’attendent pas à des opérations d’envergure. Le ralentissement économique pousse les prédateurs à regarder à leurs dépenses, encore plus en Europe où les politiques budgétaires d’austérité pèsent sur le montant global des investissements en informatique. Selon le cabinet Pierre Audoin Consultants, les dépenses en logiciels et services devraient augmenter de seulement 0,9% en 2012, contre une croissance de 3,2% en 2011.
Mais quelques opérations de petite taille pourraient suivre le rachat de Logica. Selon Cheuvreux, le français Devoteam ou, dans une moindre mesure, son compatriote Sopra, pourraient faire l’objet d’une opération.
Mais le nom qui revient le plus est celui du finlandais Tieto. Grégory Ramirez, analyste chez Bryan Garnier rappelle que le groupe «peine à redresser sa profitabilité à ses niveaux historiques et a changé de direction plusieurs fois en deux ans».
Autre cas spécial, celui de l’espagnol Indra, détenu à plus de 20% par BFA, le holding de tête de Bankia. La situation de son actionnaire pourrait pousser à une réorganisation du capital.
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