L’offre de Royalty Pharma ne convainc pas les actionnaires d’Elan
Opposé à la stratégie d’Elan, le fonds d’investissement Royalty Pharma a lancé lundi une offre sur le laboratoire pharmaceutique irlandais, le valorisant 6,6 milliards de dollars (5 milliards d’euros). Royalty Pharma propose 11 dollars par action Elan, soit une prime de 6,3% sur le cours du 15 février, dernier jour de cotation avant le premier contact avec la cible. Le prix valorise Elan sur la base d’un ratio valeur d’entreprise sur Ebitda de 16,14 fois pour 2014 et 12,1 fois pour 2015, contre 11,1 fois et 9,1 fois pour les grandes biotechs cotées, précise l’initiateur de l’offre. Une faible prime, qui ne devrait pas suffire à convaincre les actionnaires d’Elan. D’ailleurs, sur la première partie de la séance, le titre s’est toujours maintenu au-dessus des 11 dollars.
Au début du mois, Elan avait annoncé son intention de céder ses droits sur Tysabri, traitement de la sclérose en plaques, à son partenaire Biogen pour 3,25 milliards de dollars, tout en conservant le bénéfice de redevances sur le chiffre d’affaires. Une manne destinée principalement à des acquisitions avait alors annoncé la direction d’Elan. Une nécessité alors que le chiffre d’affaires d’Elan provient essentiellement des ventes de Tysabri.
Le 20 février, Royalty Pharma avait rencontré la direction d’Elan pour évoquer son offre de rachat, mais n’a pas reçu de réponse. Le fonds a été d’autant plus «surpris» que, vendredi dernier, Elan a présenté sa stratégie sans évoquer l’offre de Royalty Pharma. Le programme d’Elan prévoit, en plus des acquisitions de diversification, un retour aux actionnaires sous la forme d’un rachat d’actions à hauteur de 1 milliard de dollars.
Or, Royalty Pharma estime que «les risques et le manque de visibilité sur les résultats» liés à la stratégie annoncée par Elan sont «substantiels». Pour le fonds, les actifs de bonne qualité dans l’industrie pharmaceutique sont actuellement peu nombreux, et devraient donc être payés chers. En outre, Royalty Pharma estime qu’Elan n’a pas, comme lui, l’expérience d’acquisitions significatives. Pour l’heure, Elan, détenu à hauteur de 18% par Johnson & Johnson, constate le calendrier «très opportuniste» de l’offre, avant même que ses actionnaires aient pu bénéficier des fruits de la cession de Tysabri.
Conseillé par JPMorgan et BofA Merrill Lynch, Royalty Pharma compte financer l’opération en trésorerie et en dette.
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