L’IPO de sa filiale allemande ne réglera pas tous les maux de Telefonica
Telefonica est contraint aux mêmes efforts de désendettement que le gouvernement espagnol. Dans cette logique, une étape supplémentaire a été franchie hier avec le coup d’envoi de l’introduction en Bourse de 23,17% de sa filiale allemande, O2 Germany. Le géant espagnol des télécommunications offrira 225 millions d’actions aux investisseurs entre les 17 et 29 octobre à un prix compris entre 5,25 à 6,50 euros l’unité.
«Les banques qui dirigent l’opération auront l’opportunité d’acheter jusqu’à 33,75 millions de titres supplémentaires», a précisé le groupe. La cotation débutera le 30 octobre. De quoi permettre de lever jusqu’à 1,68 milliard d’euros pour une valorisation totale maximale d’O2 d’environ 7,3 milliards.
Afin d’appâter les investisseurs, la société allemande, qui a dégagé un résultat courant en hausse de 12% à 333 millions d’euros au deuxième trimestre, prévoit de verser un dividende de 500 millions en numéraire sur l’exercice 2012, un montant qui pourrait augmenter sur les prochaines années. Le marché a salué l’opération avec un titre Telefonica en hausse de 0,8% hier. Natixis précise qu’avec une cession inférieure à 25% de capital de sa filiale, «le niveau est suffisamment limité pour ne pas inciter les agences à retraiter la contribution de cette filiale en proportionnel».
Des efforts qui pourraient néanmoins se révéler insuffisants pour atteindre l’objectif de ratio de dette nette sur résultat opérationnel de 2,4 d’ici à la fin de l’année. Un tel niveau impliquerait que la dette nette tombe sous les 50 milliards d’euros, contre 58 milliards fin juin, ce qui resterait supérieur à la valorisation du groupe, estimée à environ 47 milliards. Le cours de l’action est en chute de 24% depuis le début de l’année, contre une baisse de 10% de l’indice IBEX 35.
Les 7 à 8 millions d’euros par an que doit lever l’opérateur d’ici 2015 pour couvrir le paiement des intérêts pourraient en outre exploser dans le cas d’une nouvelle dégradation de la note BBB de l’opérateur par les agences de notation, une menace réelle après la dégradation de la note souveraine de l’Espagne par S&P la semaine dernière. Les analystes taux d’Aurel BGC craignent ainsi que l’IPO d’O2, orchestrée par UBS, JPMorgan, Bank of America, BNP Paribas, Citigroup et HSBC, ne suffise pas «à atténuer la pression sur les notes de Telefonica en raison du contexte espagnol (économie et note souveraine)».
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