L’introduction de Canal+ France est entrée dans sa phase active
Le calendrier de l’introduction en Bourse de Canal+ France se resserre. Selon l’accord conclu en 2007 avec Vivendi, qui détient 80% du groupe de télévision, Lagardère ne peut en effet exercer son «droit de liquidité» pour vendre son bloc de 20% qu’entre le 15 mars et le 15 avril. D’où le passage à la phase active du dossier ces derniers jours. Quatre banques sont à la manoeuvre: BNP Paribas et JP Morgan du côté de Lagardère, Nomura et Société Générale pour Vivendi.
Pour Lagardère, qui n’a jamais réussi à s’entendre avec Vivendi sur le prix de cession, la Bourse constitue le meilleur moyen de céder son bloc, sachant qu’un placement privé auprès d’investisseurs tiers est interdit par l’accord entre les deux groupes. Arnaud Lagardère, le gérant et associé commandité du groupe, rappelait la semaine dernière au Figaro que «la participation de 20% dans Canal+ France vaut 1,5 milliard d’euros». Un prix qui découle ni plus ni moins de celui payé par Vivendi pour racheter, fin 2009 et début 2010, les blocs de 9,9% et de 5,1% que détenaient TF1 et M6. Arnaud Lagardère ne voit pas pourquoi Canal+ France vaudrait moins cher un an plus tard. Bertrand Méheut, le président du groupe Canal+, voit aussi d’un bon œil une introduction en Bourse car il conserverait ainsi une part d’indépendance vis-à-vis de Vivendi.
Vivendi, qui a toujours affirmé vouloir contrôler sa filiale à 100%, y voit un coup de bluff de Lagardère pour forcer le groupe à racheter le bloc au prix demandé. «Vivendi est déjà occupé avec le rachat probable des minoritaires de SFR et peut très bien vivre avec Canal+ France en Bourse pendant quelques années», indique un banquier. Ce dernier pointe le risque que Lagardère subisse une décote importante pour vendre son bloc sur le marché alors que Canal + France offre peu de perspectives de croissance, son principal actif étant les 49 % au capital de la chaîne cryptée française, elle-même déjà cotée.
La semaine dernière, Barclays Capital valorisait Canal + France à 5,7 milliards d’euros, soit un multiple de valeur d’entreprise sur Ebitda de 9,5 fois. En appliquant une décote d’introduction en Bourse de 10%, la valeur du bloc tombe ainsi à 1,03 milliard. Mais comme le fait remarquer un gérant, «s’il trouve un accord avec Vivendi, Lagardère peut très bien arrêter le processus d’introduction au tout dernier moment».
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