L’industrie mécanique française prévoit un modeste rebond de son activité

Les effets de change, l’hyperspécialisation et la fiscalité constituent des freins puissants à une meilleure compétitivité du secteur
Yves-Marc Le Réour

Premier employeur industriel en France avec 617.000 salariés, le secteur des industries mécaniques s’attend à un rebond de 2 à 3% de son activité cette année, montrent les dernières prévisions de la FIM (Fédération des Industries Mécaniques). Après un premier semestre médiocre en 2013, l’organisme a constaté une amélioration progressive des prises de commandes de ses adhérents à partir de l’été dernier. Si l’évolution du marché français est restée positive (+1,2%) sur l’ensemble de l’année écoulée, le repli des exportations (-2,8%) a abouti à une érosion de 0,4% du chiffre d’affaires des 30.720 entreprises du secteur, à 112,9 milliards d’euros (cf. graphique).

La baisse des investissements, visible dès 2012 (-1%), s’est nettement accélérée l’an dernier (-5%), d’où le maintien d’un taux d’utilisation des capacités de production à environ 80%, inférieur à son niveau de longue période. Le secteur devrait renouer avec une croissance de 3% des investissements cette année, en dépit de contraintes de financement encore fortes malgré le faible niveau des taux d’intérêt. L’un des freins au redressement de sa compétitivité tient à la dépréciation du yen et de nombreuses devises émergentes (roubles, roupie, real, livre turque) par rapport à l’euro depuis un an. Ces entreprises sont par ailleurs confrontées à «une demande de spécialisation grandissante de la part de leurs donneurs d’ordres, ce qui risque de les fragiliser si elles ne servent qu’un seul marché dont l’activité se contracte», relève Jérôme Franz, président de la FIM. Parmi les principaux marchés finaux, les filières aéronautique, ferroviaire et agricole sont restées bien orientées en 2013, contrairement à l’automobile ou à la construction.

Les enjeux juridiques et fiscaux font partie des priorités d’action de la FIM qui souligne la nécessité de réduire en France les taxes à la production «qui représentent entre 4% et 8% de la valeur ajoutée des entreprises mécaniciennes». A l’international, elle se réjouit du vote du Parlement européen «en faveur du principe de réciprocité dans l’accès aux marchés publics», décision qui doit être entérinée par un vote final. L’organisme milite également pour l’adoption d’une proposition de directive portant sur la protection du secret des affaires, qui permettrait une défense plus efficace contre le détournement du savoir-faire non couvert par un brevet.

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