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L'Inde et l'Afrique mènent les grandes manœuvres dans les télécoms
L’Inde et l’Afrique mènent les grandes manœuvres dans les télécoms
Après l’échec de la fusion Bharti-MTN, plusieurs opérateurs indiens convoitent le koweitien Zain et ses activités en Afrique
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Alexandre Beauchamp - New Delhi
L’heure est aux grandes manœuvres dans les télécoms autour de l’océan Indien. La semaine dernière, l’opérateur indien Bharti-Airtel, numéro un dans le pays, a dû renoncer à fusionner avec le sud-africain MTN, une opération qui aurait créé le numéro trois mondial des télécoms, avec 200 millions de clients en Inde, en Afrique et au Moyen-Orient, et un chiffre d’affaires de 20 milliards de dollars. Mais des considérations très politiques, notamment la réticence de l’Afrique du Sud à voir son champion des télécoms passer sous contrôle étranger, ont fait capoter l’affaire.
Pour Bharti, la déception est rude. Mais le groupe va rebondir. D’ores et déjà, il a indiqué s’intéresser aux activités mises en vente par le luxembourgeois Millicom au Sri Lanka.
Surtout, il pourrait bien regarder de près le dossier Zain. Cet opérateur koweitien est en effet la solution de substitution idéale à MTN. Comme ce dernier, Zain est présent au Moyen-Orient et en Afrique, dans une vingtaine de pays. Il compte 65 millions d’abonnés, avec un chiffre d’affaires de 7,5 milliards de dollars. Et Zain suscite toutes les convoitises. Après l’échec l’été dernier de discussions avec Vivendi, le groupe a engagé des négociations avec un consortium à forte composante indienne.
Mené par une relativement petite société de New Delhi, Vavasi, le consortium est en train de recevoir un renfort de poids : les deux opérateurs téléphoniques publics indiens, BSNL et MTNL, se sont dits prêts à prendre la majorité dans ce groupe d’investisseurs. Les discussions portent pour le moment sur l’acquisition de 46 % de Zain, pour un montant proche de 14 milliards de dollars, mais les opérateurs publics indiens semblent intéressés par une prise de contrôle du koweitien.
Le marché s’attend donc à ce que Bharti regarde lui aussi de près le dossier. Le conglomérat Essar, allié à Vodafone pour son activité de téléphonie en Inde, passe pour être également intéressé.
Cette effervescence s’explique simplement, estime un spécialiste des télécoms à Delhi : «Maintenant que les citadins sont équipés, les opérateurs indiens vont voir la croissance de leurs revenus ralentir. Il leur faut donc aller ailleurs. Et comme acheter un opérateur occidental n’aurait pas de sens, les business étant trop différents, ils regardent tous l’Afrique et le Moyen-Orient, qui font partie des marchés mondiaux en plus forte croissance».
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