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L’image «acyclique» des valeurs technologiques est remise en cause
L’image «acyclique» des valeurs technologiques est remise en cause
Les titres de la Big Tech ne paraissent plus insubmersibles, comme ils en donnèrent l’image pendant la crise du Covid-19.
Publié le
Capucine Cousin
Ces prochains mois, les firmes de la tech subiront l’impact des coupes d’investissement des entreprises.
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Image Divya Gupta/Pixabay
Les valeurs technologiques n’ont plus rien de valeurs refuge. Les Big Tech américains ont, à première vue, rassuré les investisseurs avec des résultats pour le second trimestre moins médiocres qu’attendu, face à un marché de la publicité en ligne en berne. Et alors que plusieurs entreprises de ce secteur ont annoncé tailler dans leurs dépenses et leurs effectifs.
De plus, dans leur valorisation, à court terme, la baisse des taux longs a constitué un soutien important. D’autant que le Nasdaq a pris près de 10% en un mois.
Pourtant, ces publications marquent une rupture importante et historique pour ce secteur : « l’image de valeurs acycliques est largement remise en cause », constate Aurel BCG dans une étude publiée le 3 août.
Effet «bulle» lié à la pandémie
Les valeurs tech ne paraissent plus insubmersibles, comme elles en donnèrent l’image pendant la crise du Covid-19. Avec ses périodes de confinement forcé et la généralisation du télétravail, l’accélération du renouvellement par les entreprises de biens informatiques et de services a profité à des constructeurs (Apple, Lenovo), ainsi qu'à des éditeurs de services, comme Zoom et Microsoft, porté par son outil de travail collaboratif Teams. Plusieurs valeurs tech ont alors bondi en Bourse durant cette période : ces valeurs «stay at home» (restez chez vous) telles qu’identifiées fin février par la société de conseil américaine MKM Partners furent perçues comme de nouvelles valeurs refuge, de Netflix à Meta (Facebook).
Avec la maturité de plusieurs de leurs activités et face aux chocs inflationnistes, « ces valeurs technologiques pourraient changer durablement de statut auprès des investisseurs », avertit Aurel BCG.
Déjà, l’effet « bulle » lié à la pandémie est retombé pour plusieurs d’entre elles en Bourse, plus encore avec l’inflation et les inquiétudes liées à la géopolitique, depuis le début de la guerre en Ukraine. Depuis début janvier, les actions Meta et Snap ont chuté respectivement de 50% et de 78% en Bourse.
Surtout, les dernières publications trimestrielles de plusieurs Big Tech « sont inquiétantes pour les prochains mois », poursuit Aurel BGC. De fait, des firmes très dépendantes à la conjoncture publicitaire ont déjà accusé le coup dans leurs derniers résultats trimestriels, telles Alphabet (Google), Twitter, Snap et, bien sûr, l’ex-Facebook. Ces prochains mois, « elles subiront l’impact des coupes d’investissement des entreprises », affectées par les problèmes de pénurie, et les arbitrages des ménages dans leurs dépenses.
Meta déstabilisé
Ces géants installés sont aussi déstabilisés par des concurrents sur les médias sociaux, en particulier le chinois TikTok (ByteDance) qui retient de plus en plus l’attention des utilisateurs – et des annonceurs.
Le sujet devient sensible chez Meta. Dix-huit ans après son lancement, le groupe a affiché des pertes d’utilisateurs pour la première fois de son histoire : à cette annonce, son titre dévissait de 23% lors des échanges électroniques post-clôture. Puis fin juillet, il a constaté un bénéfice net en recul de 36% au deuxième trimestre, à 6,7 milliards de dollars. En conséquence, pour séduire les annonceurs, il a lancé, le 22 juillet, une nouvelle page d’accueil qui s’inspire de TikTok, en proposant des « reels », ces vidéos courtes et verticales qui ont fait le succès du réseau chinois. Mais ces formats génèrent pour l’instant « des taux de rémunération moins élevés » que les formats classiques d’Instagram, a averti Meta.
La confiance des investisseurs est aussi entamée par l’échec majeur de Diem (ex-libra), le projet de monnaie numérique lancé en grande pompe en 2019 pour proposer un nouveau mode de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels, qui aurait pu jouer un rôle central pour les transactions sur des biens virtuels. Le groupe a jeté l'éponge fin janvier, enterrant un projet fort critiqué, puis entravé, par des régulateurs et des législateurs suspicieux.
Pis, la transition vers le métavers s’annonce chaotique : Facebook Reality Labs, la division de réalité virtuelle au cœur de ce virage, a perdu plus de 3 milliards de dollars au premier trimestre, et 10 milliards en 2021. Pour financer ses projets, le groupe a conclu sa première émission obligataire début août. Le papier s’est placé avec succès. Mais jusqu'à quand ?
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