L’hypothétique sauvetage de Tepco paralyse la Bourse de Tokyo
Assommé par les ravages du tremblement de terre et du tsunami du 11 mars dernier, en l’occurrence par l’accident non encore maîtrisé de la centrale nucléaire de Fukushima, Tokyo Electric Power Co. (Tepco) a publié vendredi la plus importante perte annuelle jamais enregistrée par un groupe japonais non financier. Sous le coup des provisions liées à la catastrophe, la perte culmine à 1.250 milliards de yens au 31 mars dernier, l’équivalent de 10,7 milliards d’euros. Lors de l’exercice 2009/2010, le groupe japonais avait constaté un bénéfice net de 134 milliards de yens. De quoi pousser à la démission le PDG Masataka Shimizu, qui sera remplacé en interne.
Surtout, Tepco semble bien loin d’avoir soldé les comptes de l’accident nucléaire. Le groupe reconnaît qu’il en subira les conséquences pendant de nombreuses années, jusqu'à mettre dès aujourd’hui sa pérennité en péril. Logiquement, le groupe ne s’est pas aventuré à fournir la moindre prévision financière pour l’exercice en cours, face à des coûts de l’accident qu’il concède ne pas pouvoir évaluer, et que les analystes estiment entre 18 et 91 milliards d’euros selon Reuters.
Un horizon voilé qui inspire une grande prudence à la Bourse de Tokyo. Les opérateurs estiment que le marché devrait à court terme peu fluctuer dans des volumes réduits, un courtier signalant que «la plupart des principaux acteurs sont effrayés par le risque politique».
Si le titre Tepco a perdu plus de 80% de sa valeur depuis le 10 mars et que le coût de l’assurance contre le risque de défaut de sa dette (le spread du CDS à cinq ans) a plus que triplé la semaine passée à 762 points, l’affaire agite en effet également les secteurs financier et de l'énergie. Car la question de l’indispensable soutien à Tepco soulève de vives craintes, le projet de vente de 600 milliards de yens d’actifs étant insuffisant. Dans le cadre du mécanisme que le gouvernement souhaite élaborer, Tepco pourrait être amené à émettre des titres préférentiels pour l’Etat. Mais les titres bancaires restent maltraités sur fond d’appel du gouvernement à la coopération des banques. Les contours de cette aide restent à définir, passant notamment probablement par un abandon de créances. Vendredi, le président de l’association des banques japonaises, Masauyki Oku, a confirmé son opposition en martelant que le gouvernement et Tepco devaient partager seuls la facture.
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