L’Europe menace d’infliger des amendes au groupe chinois Shein
L'étau se resserre autour de Shein. Alors qu’il prévoit de se coter prochainement à la Bourse de Londres, le spécialiste de la fast fashion fait l’objet d’un sérieux rappel à l’ordre. L’Union européenne (UE) l’a exhorté lundi à respecter les lois européennes de protection des consommateurs et l’a averti qu’il pourrait faire face à des amendes s’il ne répondait pas aux préoccupations de l’UE.
Shein a connu une croissance rapide en expédiant des produits peu coûteux directement aux consommateurs. En février, la Commission européenne avait averti Shein et Temu, une autre plateforme chinoise de commerce électronique, qu’elles seraient responsables de la vente de produits dangereux et non sûrs vendus sur leurs sites.
Un porte-parole de l’entreprise a déclaré dans un communiqué que Shein travaillait avec les autorités nationales de consommation et la Commission européenne. «Notre priorité reste de garantir que les consommateurs européens puissent avoir une expérience d’achat en ligne sûre, fiable et agréable», a précisé le communiqué.
Frais de deux euros
Le réseau de coopération pour la protection des consommateurs (CPC) des autorités nationales de consommation et la Commission européenne ont maintenant notifié à Shein des pratiques enfreignant la législation européenne sur la consommation, a déclaré la Commission dans un communiqué.
«Shein dispose maintenant d’un mois pour répondre aux conclusions du réseau CPC et proposer des engagements sur la manière dont elle abordera les problèmes identifiés en matière de législation sur la consommation. Selon la réponse de Shein, le réseau CPC peut engager un dialogue avec l’entreprise», a-t-il déclaré. «Si Shein ne répond pas aux préoccupations soulevées par le réseau CPC, les autorités nationales peuvent prendre des mesures d’exécution pour assurer le respect. Cela inclut la possibilité d’imposer des amendes basées sur le chiffre d’affaires annuel de Shein dans les États membres de l’UE concernés», a ajouté le communiqué.
Shein pourrait également être la cible de demandes réglementaires de l’UE en vertu de la loi européenne sur les services numériques. Le groupe chinois est par ailleurs sous la menace d’une évolution de la politique commerciale de l’Union, qui a proposé ces derniers jours de mettre en place des frais de traitement de 2 euros par colis pour les envois de commerce électronique de faible valeur.
(Avec Reuters)
A lire aussi: Donald Trump offre un répit aux marchés en reportant l’application de taxes de 50% à l’UE
Plus d'articles du même thème
-
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les marchés réagissent davantage aux missiles qu’aux droits de douane
L’annonce iranienne selon laquelle deux missiles auraient touché un navire de guerre américain lundi vers midi a ajouté un peu de pression à la baisse sur les marchés d'actions européens (-1 %) et à la hausse sur le pétrole Brent (+4 %). Concernant les droits de douane supplémentaires annoncés vendredi par Donald Trump, l’Europe souhaite toujours ratifier l’accord commercial, sans renoncer aux amendements possibles. -
Laurent Jacquier (DGCCRF) : « Nous effectuons en moyenne 800 contrôles par an »
Ce mois-ci, Laurent Jacquier, chef du bureau « Commerce et relations commerciales » au sein de la DGCCRF, dévoile les coulisses des contrôles des entreprises sur le sujet des délais de paiement.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France