L’euro fort handicape l’automobile allemande
L’année 2010 sera peut-être celle de la reprise dans l’automobile mondiale, mais les constructeurs n’en continueront pas moins de subir des vents contraires. Déjà évoqué par le passé, l’euro reste un sujet de préoccupation majeur. Surtout pour les Allemands. Comme l’a rappelé cette semaine Groupama AM, ils sont pris en ciseaux entre «des fortes expositions au marché américain» et une «couverture naturelle (production locale) insuffisante».
Les chiffres de la société de gestion donnent la mesure du problème. A partir des niveaux actuels, une appréciation de 10% de l’euro aurait un impact de 700 millions sur l’opérationnel de Mercedes Car Group, de plus de 800 millions chez BMW et de quelque 1,1 milliard chez Volkswagen. Soit une amputation des marges de 1,1 à 1,7% (voir infographie). Autant dire que pour Groupama AM, les changes constituent «un enjeu à ne pas sous-estimer en 2010».
Les constructeurs en ont bien conscience. Pour preuve, Daimler a annoncé hier des mesures allant dans le sens d’une «dollarisation» de ses coûts. Son usine de Tuscaloosa, située en Alabama et qui produit déjà des 4x4 Mercedes, aura à sa charge dès 2014 la production de 20% des volumes de la future Mercedes Classe C. Une proportion égale à la part actuelle des ventes de la marque aux Etats-Unis. «Cette mesure est absolument nécessaire pour que Mercedes-Benz reste compétitif», s’est justifié le patron de Daimler, Dieter Zetsche, en précisant que le gain serait de 2.000 euros par véhicule. Soit un total de 180 millions selon nos calculs sur la base des volumes de Classe C en 2008. Dieter Zetsche n’a toutefois pas précisé quelle part des économies proviendrait des seuls effets de change.
Plus d'articles du même thème
-
Le rial iranien en perdition
Retrouvez comme chaque semaine, le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement. -
Engie poursuit son recentrage en préparant son désengagement du nucléaire belge
Cohérente avec la stratégie de l’énergéticien, cette décision reflète aussi la volonté du gouvernement de Bart De Wever d’avoir les mains libres pour mettre en œuvre sa politique énergétique. La lettre d’intention signée entre les deux parties marque le début d’un long processus de négociation.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Survivalisme« Sans primaire, ce sera l’apocalypse chez nous » : chez les Ecologistes, Marine Tondelier acculée par ses opposants internes
Le « there is no alternative » à la primaire de Marine Tondelier ne suffit pas à ramener l’ordre dans la maison écologiste. A mesure que l’illusion d’une candidature commune se dissipe, la numéro 1 des Verts se voit contrainte de sortir de l’ambiguïté : peut-elle faire cavalier seul en 2027 ? Si oui, en a-t-elle les moyens ? Sinon, derrière qui se ranger pour négocier un accord législatif sans se renier ? -
CastagneAu Sénat, le report d'une note sur un pesticide vire au pugilat
Le report d'une note scientifique sur l'acétamipride a frôlé la confrontation entre le sénateur PS Michaël Weber et le président LR de l'Office parlementaire scientifique -
Seine colèreEnseignement libre : la gauche tentée de rallumer la guerre scolaire en commençant par Paris
Les Parisiens n’ont pas fini de voir des parents protester contre des fermetures de classes. La capitale sera la ville de France où le choc démographique sera le plus brutal. Il y a désormais plus de décès que de naissances dans l’Hexagone. Les projections nationales évaluent la baisse prévisible du nombre des élèves à 1,7 million à l’horizon 2035.