L’Etat n’a pas vocation à rester au capital des entreprises commerciales
Ce mardi matin, à l’occasion de la présentation du rapport d’activité 2020-2021 de l’Etat actionnaire, Martin Vial, commissaires aux participations de l’Etat et directeur général de l’Agence des participations de l’Etat (APE), a précisé les quatre facteurs influençant le pilotage du portefeuille des 83 entreprises, dont 11 cotées, dans lesquelles l’APE détient une participation.
D’une part, l’APE a un rôle de soutien, et d’actionnaire de long terme, pour les sociétés durement touchées par la crise, notamment le transport ferroviaire et aérien. « Il n’est pas question d’abandonner notre soutien à Air France-KLM », précise Martin Vial.
D’autre part, l’APE veut s’assurer de la souveraineté économique de la France. « Il faut s’assurer d’actionnaires français puissants, poursuit le patron de l’APE. Dans ce cadre, nous devons réfléchir à l’évolution de nos participations ». Concernant Orange, qui ne relève pas de la défense, ni du service public, « l’évolution de la part de l’Etat au capital est envisageable », précise Martin Vial, tout en soulignant qu’il « n’y a pas de projet actuel ».
Recapitalisations
Par ailleurs, « nous n’avons pas vocation à entrer au capital de Danone ou de Carrefour, poursuit Martin Vial. L’Etat n’a pas vocation à devenir actionnaire d’entreprises de ce type, mais la gouvernance de ces sociétés doit s’assurer d’un actionnariat suffisamment stable pour éviter une crise ». Dans les entreprises commerciales, « l’Etat n’a pas vocation à rester durablement, explique Martin Vial. Si on réduit notre participation, il faut se demander ce que deviendra l’actionnariat de ces sociétés, qui peuvent devenir la cible d’investisseurs. Il ne faut pas faire preuve de naïveté, et s’assurer que les centres de décisions resteront en France. Tout mouvement au capital de ces sociétés doit permettre d’avoir un actionnariat français qui se substitue à celui de l’Etat ».
La montée des exigences environnementales et la disruption technologique et numérique sont les autres facteurs qui influent sur la doctrine d’investissement de l’APE.
L’Etat actionnaire a subi les conséquences de la crise pandémique. Il a dû recapitaliser Air France, la SNCF et EDF, et a injecté au total plus de 11 milliards d’euros dans ses participations entre juin 2020 et juin 2021. L’APE n’a encaissé sur la période que 332 millions d’euros de dividendes. En revanche, le portefeuille coté a profité du rebond boursier, avec une performance de +34% à fin juin sur un an, pour une valeur de 70,3 milliards d’euros.
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