L’Etat français allège sa part dans Safran au nom du redressement économique
Il s’agit selon le communiqué du ministère de l’Economie et des Finances hier soir de mettre en œuvre la «politique de gestion active des participations de l’Etat, qui doit permettre de préserver les intérêts patrimoniaux et stratégiques de l’Etat tout en dégageant des ressources en fonds propres pour de nouveaux secteurs porteurs de développement économique». De fait, Pierre Moscovici a indiqué que l’Etat avait engagé la cession de 3,12% du capital de Safran. Une opération menée par la constitution accélérée d’un livre d’ordres réservé aux investisseurs institutionnels concernant 13 millions de titres. Bloomberg cite la note d’opération qui détaille un prix de vente proposé compris entre 34,50 et 34,80 euros par action, contre un cours de clôture hier en Bourse de Paris de 35,49 euros. Le prix devrait être fixé aujourd’hui même. L’opération dirigée par la Société Générale pourrait ainsi rapporter jusqu’à 452 millions d’euros à l’Etat.
Cette cagnotte, qui sera versée «sur le compte d’affectation spéciale des participations financières de l’Etat», précise le ministère, «servira à financer de nouveaux investissements productifs au service du redressement de notre économie nationale». Cela notamment au travers «de dotations en fonds propres de la Banque Publique d’Investissement».
L’annonce du ministère intervient à quelques semaines seulement de la remise, prévue fin avril, à François Hollande du «Livre blanc de la Défense», lequel doit poser les bases de la stratégie en matière de défense et de sécurité nationale pour la période 2014-2019. L’Etat tient pour autant à faire comprendre que l’exigence de redressement national ne se fait pas au détriment de son engagement profond auprès de Safran. La réduction serait quantitative mais pas qualitative. L’Etat conservera notamment à l’issue du placement dévoilé hier son statut de principal actionnaire du groupe, avec 27,08% du capital. Surtout, par le biais du jeu des droits de vote doubles, l’Etat pourra «maintenir son influence identique au sein des organes de gouvernance». L’Etat fait également vœu de demeurer à «moyen terme» un «actionnaire de référence» au capital de Safran. Un actionnaire qui stipule que, conformément à la loi, «et afin d’associer davantage les salariés et anciens salariés de l’entreprise à son développement», il leur sera proposé «ultérieurement» une «offre spécifique assortie de conditions préférentielles».
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