L’Etat envoie un appui bienvenu à EDF
Fragilisé par la démission surprise de son directeur financier, Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, a reçu un soutien de poids hier. En plus de défendre politiquement le projet de construction de deux EPR (réacteurs pressurisées européens) en Grande-Bretagne, l’Etat est prêt à donner au groupe public les capitaux qui lui font cruellement défaut. «Ne pas faire Hinkley Point serait une erreur», a déclaré hier Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, lors d’une visite de la centrale nucléaire de Civaux (Vienne). La décision sur un éventuel soutien à EDF sera prise « d’ici le début du mois de mai », a-t-il précisé, avant de promettre une solution « équilibrée (…), soit par de la renonciation au dividende, comme nous l’avons fait cette année, soit par de l’augmentation de capital ».
Plus de dix milliards
Emmanuel Macron n’a pas souhaité donner de chiffre « précis parce qu’il est trop tôt ». Mais, vu les besoins d’EDF, le soutien de l’Etat se montera à plus de 10 milliards d’euros. Rien que le versement sous forme d’actions du dividende payé à l’Etat (1,8 milliard d’euros par an) pendant une durée de 5 ans aboutirait à un renforcement des fonds propres de 9 milliards d’euros. « Si ce type d’augmentation de capital déguisée est une bonne nouvelle, elle risque d’être insuffisante pour éviter une dégradation du groupe » par les agences de notation, indiquent les analystes crédit de Kepler Cheuvreux. Au mieux, l’engagement de l’Etat à soutenir EDF pourrait permettre de limiter à un cran la dégradation, estiment-ils, alors que Standard & Poor’s (S&P) et Moody’s ont placé la note sous surveillance négative en février. Fixée à A+ chez S&P, la note finale du groupe bénéficie déjà d’une prime de deux crans par rapport à la notation intrinsèque (A-) liée au soutien implicite de l’Etat.
Le soutien réaffirmé de l’Etat est encore plus crucial pour la notation des 6,2 milliards d’euros de titres de dette hybride portés par EDF. Leur note, actuellement fixée à BBB, est déterminée en fonction de la notation intrinsèque de l’émetteur. Or, si celle-ci venait à être dégradé même d’un seul cran (de A- à BBB+), la dette hybride tomberait automatiquement en catégorie high yield (spéculative). Le marché a déjà commencé à intégrer cette hypothèse ces dernières semaines. Si elle se concrétisait, EDF verrait alors se refermer, au moment où il en a le plus besoin, une source de financement extrêmement efficace pour maintenir à flot les fonds propres.
Plus d'articles du même thème
-
Technip Energies complète sa gamme de contrats aux Emirats arabes unis
Le groupe parapétrolier profite de la redistribution des cartes induite par la guerre dans le Golfe pour remporter un contrat significatif d'ingénierie à Abou Dhabi. -
Alstom renforce ses liens avec l'Arabie saoudite
Le groupe de matériel ferroviaire a conclu un contrat de 500 millions d'euros pour la fourniture de rames supplémentaires du métro de Ryad. Le contrat se double d'un engagement d'investissement dans une usine locale d'assemblage pour une autre ligne de métro. -
Météo et risques géopolitiques font grimper le prix des céréales
Les attaques contre des navires en mer Noire bloquent les exportations de blé, tandis que la sécheresse ou les pluies excessives dans certains pays producteurs, combinées à l’arrivée prochaine d’El Niño, font craindre une baisse sensible des récoltes.
ETF à la Une
Les ETF actifs engrangent plus de 89 milliards de dollars de collecte en juillet
- Crédit Agricole Assurances accélère sa diversification et mise sur l’affinitaire
- BNP Paribas déplore les manquements de la justice américaine dans le litige sur son rôle au Soudan
- Un super El Niño mettra à l’épreuve les marchés agricoles et énergétiques mondiaux
- Les émissions d’obligations d'entreprises reprennent de plus belle
- L’arbitrage entame sa mue pour gagner en efficacité
Contenu de nos partenaires
-
Meta s’évite une amende record et promet des restrictions pour les mineurs sur Instagram et Facebook
Menacé d’une sanction de 200 milliards d’euros, le groupe américain a conclu un accord avec la justice et doit déployer de nouvelles mesures de sécurité sur ses plateformes. Il appelle TikTok et YouTube a en faire de même -
OutsidersA Sens, la farandole des « plans B » de la présidentielle
Parce que le jeu n'a jamais paru aussi ouvert que pour 2027, ils sont nombreux, à droite comme à gauche, à rêver de créer la surprise à l'automne -
EXCLUSIF CoulissesCes patrons qui murmurent à l'oreille de Gabriel Attal
Le candidat Renaissance à la présidentielle, qui se revendique « pro-business », s'entoure d'un conseil composé d'une dizaine de chefs d'entreprise