Au moment où la notation du groupe tangue chez les agences, l’Etat se dit prêt à le recapitaliser pour l’aider à financer ses investissements.
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Olivier Pinaud
Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, en visite le 17 mars à la centrale nucléaire de Civaux.
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Photo EDF.
Fragilisé par la démission surprise de son directeur financier, Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, a reçu un soutien de poids hier. En plus de défendre politiquement le projet de construction de deux EPR (réacteurs pressurisées européens) en Grande-Bretagne, l’Etat est prêt à donner au groupe public les capitaux qui lui font cruellement défaut. «Ne pas faire Hinkley Point serait une erreur», a déclaré hier Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, lors d’une visite de la centrale nucléaire de Civaux (Vienne). La décision sur un éventuel soutien à EDF sera prise « d’ici le début du mois de mai », a-t-il précisé, avant de promettre une solution « équilibrée (…), soit par de la renonciation au dividende, comme nous l’avons fait cette année, soit par de l’augmentation de capital ».
Plus de dix milliards
Emmanuel Macron n’a pas souhaité donner de chiffre « précis parce qu’il est trop tôt ». Mais, vu les besoins d’EDF, le soutien de l’Etat se montera à plus de 10 milliards d’euros. Rien que le versement sous forme d’actions du dividende payé à l’Etat (1,8 milliard d’euros par an) pendant une durée de 5 ans aboutirait à un renforcement des fonds propres de 9 milliards d’euros. « Si ce type d’augmentation de capital déguisée est une bonne nouvelle, elle risque d’être insuffisante pour éviter une dégradation du groupe » par les agences de notation, indiquent les analystes crédit de Kepler Cheuvreux. Au mieux, l’engagement de l’Etat à soutenir EDF pourrait permettre de limiter à un cran la dégradation, estiment-ils, alors que Standard & Poor’s (S&P) et Moody’s ont placé la note sous surveillance négative en février. Fixée à A+ chez S&P, la note finale du groupe bénéficie déjà d’une prime de deux crans par rapport à la notation intrinsèque (A-) liée au soutien implicite de l’Etat.
Le soutien réaffirmé de l’Etat est encore plus crucial pour la notation des 6,2 milliards d’euros de titres de dette hybride portés par EDF. Leur note, actuellement fixée à BBB, est déterminée en fonction de la notation intrinsèque de l’émetteur. Or, si celle-ci venait à être dégradé même d’un seul cran (de A- à BBB+), la dette hybride tomberait automatiquement en catégorie high yield (spéculative). Le marché a déjà commencé à intégrer cette hypothèse ces dernières semaines. Si elle se concrétisait, EDF verrait alors se refermer, au moment où il en a le plus besoin, une source de financement extrêmement efficace pour maintenir à flot les fonds propres.
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Alexis Burnod, médecin urgentiste & soins palliatifs, Institut Curie à Paris.
Membre de l’association Les éligibles et leurs aidants.
Auteur de l’Essai : Fin de vie, le cas de conscience – Editions de l’Observatoire.
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