L’Etat conforte les ambitions d’Alstom dans les turbines éoliennes
En remportant avec ses associés EDF Energies Nouvelles et Dong Energy Power trois des cinq appels d’offres lancés par le gouvernement français pour l’installation de fermes éoliennes en mer, Alstom voit sa stratégie confortée dans les turbines éoliennes. Entré tardivement sur ce marché par rapport à ses grands concurrents General Electric ou Siemens, le groupe ne figure pas parmi les dix premiers mondiaux. Le gain de ce contrat lui permet de faire un pas de géant.
Alstom fournira 240 turbines «Haliade 150» de 6MW chacune, pour un montant total de chiffre d’affaires estimé à 2 milliards d’euros. Celui-ci sera réparti sur plusieurs années. Mais cette commande représente à elle seule la moitié du backlog actuel du groupe dans les énergies renouvelables. Et quasiment une année de chiffre d’affaires dans ce domaine. La mise en production des ces turbines permettra d’industrialiser le processus et servira de référence à l'étranger.
Les ambitions d’Alstom dans l’énergie éolienne ont suscité une vague de spéculation ces derniers jours. Le nom du groupe revient régulièrement parmi les possibles repreneurs de l’allemand RePower, numéro 7 mondial, dont l’actionnaire majoritaire, l’indien Suzlon, peine à refinancer 700 millions de dollars de dette. Sans démentir totalement son intérêt pour RePower, la direction d’Alstom a rappelé que les conditions de marché actuelles ne favorisaient pas une opération de cette envergure.
Avec les trois contrats offshore français, Alstom prévoit de créer 1.000 emplois directs et 4.000 emplois indirects, avec l’implantation de quatre usines et un investissement de l’ordre de 100 millions d’euros dans la filière de l’éolien offshore en France. «Ces investissements permettront de répondre aux besoins du marché français et d’un marché européen [de l’éolien offshore] en pleine expansion», espère le groupe présidé par Patrick Kron.
Au total, selon le ministre de l’Industrie, Eric Besson, les quatre parcs éoliens attribués vendredi, dont un au consortium Iberdrola-Areva, représentent un investissement cumulé de 7 milliards d’euros et créeront 10.000 emplois industriels directs. Le dernier contrat, celui du Tréport, n’a pas été attribué. Un nouvel appel d’offres sera lancé au second semestre, ce qui permettra à GDF Suez, grand perdant du premier appel d’offres, de concourir de nouveau.
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