L’Espagne ouvre le capital de ses aéroports mais en gardera le contrôle
Le secteur des infrastructures aéroportuaires comptera prochainement un nouvel acteur coté. Ana Pastor, la ministre espagnole de l’Equipement, a confirmé vendredi la volonté du gouvernement d’ouvrir le capital d’Aena Aeropuertos, le groupe public espagnol qui gère 46 aéroports dans le pays ainsi que 20 aéroports à l’étranger. Attendue depuis des mois, l’opération devrait se dérouler dans le courant du mois de novembre.
Selon Ana Pastor, l’Etat conservera 51% du capital. L’an dernier, un avis du Conseil consultatif espagnol pour les privatisations (Consejo consultivo de privatizaciones) avait recommandé la vente de 60% du capital. Finalement, Madrid préfère garder le contrôle de cet actif stratégique, au même niveau par exemple que la participation de la France au capital d’Aéroports de Paris.
En revanche, le gouvernement suivra les recommandations du conseil des privatisations pour la marche à suivre. 21% du capital d’Aena seront ainsi cédés directement à une poignée d’investisseurs de long terme afin de constituer un noyau dur d’actionnaires. Le choix se fera selon plusieurs critères: le prix, élément le plus important selon le conseil des privatisations, la durée de conservation des titres et l’engagement à ne pas se renforcer au capital pendant un certain temps. L’appel d’offres sera ouvert à la fois aux investisseurs financiers et industriels. Mais les analystes de Citi faisaient récemment remarquer que les industriels pourraient être refroidis par la volonté de Madrid de maintenir en place la direction des aéroports.
En parallèle, une introduction en Bourse sera lancée pour 28% du capital. Le prix défini par le marché à cette occasion déterminera le prix final payé par les investisseurs retenus lors de la première phase.
La vente devrait attirer de nombreux investisseurs, à double titre: pour jouer la croissance du trafic aérien et la reprise économique en Espagne. Début juin, le président d’Aena, Jose Manuel Vargas, avait jugé que son groupe pouvait valoir «facilement» 16 milliards d’euros, soit 10 fois son Ebitda 2013, multiple actuel du secteur en Europe. Le groupe devra toutefois rassurer sur le montant de sa dette. Elle culminait fin 2013 à 11,5 milliards d’euros, soit 7 fois son Ebitda.
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