Les ventes de Safran restent freinées par des contraintes d’approvisionnement
Safran a ajusté vendredi ses perspectives pour 2024, après avoir enregistré une progression de ses revenus à deux chiffres au troisième trimestre, grâce à la forte demande dans les services pour moteurs civils.
Pour 2024, le motoriste et équipementier aéronautique a relevé sa prévision de résultat opérationnel courant à environ 4,1 milliards d’euros pour 2024, alors qu’il l’attendait proche de 4 milliards d’euros auparavant.
En revanche, Safran a abaissé ses ambitions en termes de chiffre d’affaires à quelque 27,1 milliards d’euros cette année, contre environ 27,4 milliards d’euros jusque-là.
En parallèle, la société vise toujours pour 2024 une génération de flux de trésorerie libre avoisinant 3 milliards d’euros.
Dans un communiqué, Olivier Andriès, le directeur général de Safran, a souligné la «solide performance réalisée au cours des neuf premiers mois de l’année», tout en indiquant que «les livraisons en première monte destinées aux avions court et moyen-courriers ont été limitées par des goulets d'étranglement chez certains fournisseurs». «La priorité du groupe demeure (...) de lever les contraintes de la chaîne d’approvisionnement», a ajouté le dirigeant.
Cet affinement des perspectives a été réalisé à l’occasion du point d’activité du troisième trimestre.
A lire aussi : Safran finalise l'acquisition de Preligens auprès de fonds
Impôt supplémentaire de 320 à 340 millions d’euros
En données ajustées, que Safran privilégie pour la présentation de ses performances, le chiffre d’affaires s’est établi à 6,6 milliards d’euros sur la période allant de juillet à septembre, en hausse de 14% en données publiées. Sur une base organique, soit à périmètre et change constants, la croissance ressort à 13,8%.
Selon un consensus compilé par FactSet, les analystes anticipaient en moyenne un chiffre d’affaires de 6,7 milliards d’euros au troisième trimestre.
Indicateur suivi par les analystes et exprimé en dollars, le chiffre d’affaires des activités de services pour moteurs civils a augmenté de 20,5% sur un an au troisième trimestre.
Pour les neuf premiers mois de l’année, en données ajustées, le chiffre d’affaires de Safran s’est établi à 19,7 milliards d’euros, en progression de 17,4% sur un an en données publiées et de 17% sur une base organique par rapport au troisième trimestre 2023.
A lire aussi : Safran a franchi une étape délicate pour la reprise de Microtecnica
Safran a également profité de son point d’activité pour faire le point sur l’impact potentiel que pourrait avoir de nouvelles mesures fiscales en France.
«Le gouvernement français a confirmé son intention d’augmenter temporairement le taux d’impôt sur les sociétés (...) Si cette mesure devait être mise en ouvre, Safran estime que la charge d’impôt exigible supplémentaire pour 2024 serait de l’ordre de 320 à 340 millions d’euros, avec un décaissement en 2025", a estimé le groupe.
Safran tiendra une journée dédiée aux investisseurs le 5 décembre prochain.
Plus d'articles du même thème
-
Après un trimestre décevant, Airbus doit accélérer s'il veut atteindre son objectif de livraisons
L'avionneur a livré 9% d'appareils de moins qu'anticipé au troisième trimestre mais la cible de 870 avions sur l'ensemble de l'année semble encore atteignable. -
BGK crée le premier fonds space tech polonais, dans la lignée du succès d'Iceye
Avec le soutien de la décacorne finlandaise Iceye, la banque d'investissement publique polonaise dote Vinci Space Tech de 115 millions d'euros pour faire émerger 15 à 20 sociétés dans les satellites, la propulsion spatiale ou encore l'observation terrestre. -
Exail inscrit une charge comptable de plus de 400 millions d'euros dans ses comptes révisés
Ce passif est lié au rachat de la société iXblue en 2022 et à la prise en compte de certains éléments après l'annonce de l'OPA de Thales sur Exail Technologies.
ETF à la Une
Schroders crée le poste de responsable du développement ETF pour la France, la Belgique et le Luxembourg
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 20 milliards d'euros
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- La France ne peut pas encore miser sur une intervention de la BCE
Contenu de nos partenaires
-
L'Odyssée de l'IAXavier Boileau (Oliver Wyman) : « Tout “souverainiser” coûte très cher, ne rien “souverainiser” crée une dépendance dangereuse à terme »
Le cabinet de conseil Oliver Wyman a publié des enquêtes « IA Agentique » auprès de 200 dirigeants de grandes entreprises en août 2026 -
Palestine : Mahmoud Abbas repousse les législatives d’une année, une présidentielle convoquée pour septembre 2027
Pour justifier sa décision, la présidence palestinienne évoque des « obstacles imposés par les mesures israéliennes qui empêchent la tenue des élections à la date initialement prévue ». L’Autorité palestinienne veut aussi « créer des conditions politiques, sécuritaires et concrètes appropriées afin de garantir des élections libres, équitables et inclusives » -
Intelligence artificielleLes 100 qui font l'IA en Europe (2026) : les constructeurs
Avec le cabinet de conseil Oliver Wyman, l'Opinion révèle les 16 personnalités de l'IA de la catégorie « constructeurs ». Ils se sont distingués cette année par leur influence sur l'essor de l'IA