Les ventes de blocs maintiennent le marché primaire actions sous perfusion
Brenntag, Repsol, Eutelsat. En quelques jours, ces trois sociétés ont redonné un peu d’espoir aux banquiers en charge du primaire actions en Europe. Réalisées selon la procédure dite de la constitution d’un carnet d’ordres accélérée (accelerated book building, ABB), ces ventes de blocs de titres sont venues animer un marché des capitaux touché de plein fouet par la crise et qui craignait de passer un début d’année 2012 particulièrement calme.
La réussite du placement Repsol, 5% de son capital pour un montant brut de 1,36 milliard d’euros, puis celle d’Eutelsat (16% du capital pour 981 millions d’euros), ont conforté les vendeurs sur la profondeur et la liquidité du marché. D’autant que ces blocs ont été placés à des niveaux de valorisation corrects, avec des décotes de 5% à 6% sur le cours de Bourse. «Les investisseurs débutent l’année avec une page blanche, ils sont donc un peu plus ouverts. Mais ces titres étaient aussi de bonne qualité et les situations attendues, ce qui rassure les acheteurs», explique Damien Girault, responsable chez Credit Suisse des marchés actions pour la France et le Benelux.
Ce frémissement annonce-t-il pour autant une réelle embellie pour les semaines à venir? «Nous sommes encore dans un marché à fenêtres de très courte durée, qui favorise les placements rapides, comme les constructions de livres d’ordres accélérées primaires ou secondaires, ou les émissions de convertibles», nuance Damien Girault.
Il faudra donc attendre encore quelques mois avant d’entrevoir une réelle reprise des introductions en Bourse. En attendant, les banquiers devront se contenter des ABB. La cession par Air France de son bloc de 15,22% au capital d’Amadeus est ainsi dans l’écran radar de toutes les équipes de primaire actions en Europe. L’opération est estimée à 880 millions d’euros.
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