Les turbulences de marché contraignent Metro à reporter la vente de Kaufhof
C’est un nouvel exemple du gel du marché des fusions-acquisitions. Metro suspend la cession de sa filiale Kaufhof jusqu’à nouvel ordre mais indique que la vente fait toujours partie de ses plans. Initié en 2008, le processus avait été activé l’an dernier. Deux candidats étaient sur les rangs pour reprendre ces grands magasins, la foncière autrichienne Signa et le holding Berggruen dirigé par le propriétaire de la chaîne Karstadt. Mais selon Olaf Koch, le président du directoire de Metro, «la situation actuelle sur les marchés de capitaux n’offre pas les conditions adéquates pour une transaction d’une telle importance».
Le montant de l’opération était estimé à 2 milliards d’euros. Un prix qui aurait pu être discuté par les repreneurs potentiels en raison notamment de leurs difficultés à se financer dans de bonnes conditions.
Pour les analystes crédit de Natixis, ce report est une «déception, le produit de cession ayant pu servir à la baisse de l’endettement net du groupe». A fin septembre 2011, la dette nette de Metro s’élevait à 7,8 milliards d’euros, soit un peu plus de 2 fois l’excédent brut d’exploitation attendu par le consensus Bloomberg pour 2011. Le distributeur va également devoir supporter plus longtemps que prévu les pertes de ses grands magasins. En 2011, le chiffre d’affaires de Kaufhof a baissé de 3,7% à 3,4 milliards d’euros, dont -4,6% au dernier trimestre. Au 30 septembre 2011 (les résultats annuels seront publiés le 20 mars), l’enseigne accumulait déjà 55 millions d’euros de pertes d’exploitation.
Liées en partie à la désaffection des consommateurs allemands pour les grands magasins au profit des centres commerciaux, les difficultés de Kaufhof confirment aussi la mauvaise passe actuelle du secteur européen de la distribution, après les faibles chiffres annoncés, par exemple par Tesco. Les ventes consolidées de Metro ont plié de 1,3% au dernier trimestre 2011 par rapport à la même période de 2010, à 19,5 milliards d’euros. Pour tout l’exercice, le chiffre d’affaires s’élève à 66,7 milliards d’euros, en baisse de 0,8%. Selon la direction, Noël a été décevant. Le groupe allemand ne modifie pas pour autant sa prévision de résultat d’exploitation annuel en baisse par rapport à celui de 2010 (2,4 milliards d’euros). Celle-ci avait été abaissée début décembre.
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