Les souches obligataires de Lafarge disposent d’un potentiel de resserrement
Un des premiers fruits du rapprochement «entre égaux» de Lafarge avec Holcim sera la fin de l’épineux problème de dette du cimentier français. Fin 2013, Lafarge affichait une dette nette de 10,3 milliards d’euros, soit un levier de 3,3 fois. Les agences de notation avaient dégradé Lafarge en catégorie spéculative dès 2011, mais Moody’s vient de placer sa note «Ba1» sous revue dans la perspective de la relever en catégorie investissement. S&P l’a imité hier soir.
Si Moody’s vient de placer la note «Baa2» de Holcim sous perspective négative en raison des risques liés à la fusion, le nouvel ensemble serait «investment grade». Ce mariage «accélérerait donc l’activation des clauses de step down des obligations Lafarge émises en 2009 et 2010», précise l’analyse crédit d’Aurel ETC. Pour sa part, Tullett Prebon anticipe un «potentiel de resserrement supplémentaire d’environ 40 points de base surtout sur des souches avec step-up».
Après les 5 milliards d’euros de cessions envisagées, LafargeHolcim affichera un profil d’endettement raisonnable, visant un ratio dette nette sur Ebitda inférieur à 2 fois. Une structure qui lui laissera les moyens pour investir et pour de la croissance externe.
Toutefois, le défi pour le nouveau groupe consistera à répondre aux attentes des autorités de la concurrence en vendant ses actifs, dans un délai rapide et à bon prix. Moody’s rappelle que les dernières transactions dans le secteur ont été réalisées sur des multiples d’environ 10 fois l’Ebitda. Or, le montant de ces cessions sera essentiel pour la qualité de la note de crédit du nouveau groupe. Pour que la note d’Holcim soit relevée, il faudrait que les objectifs – déjà ambitieux – de cessions et de synergies soient dépassés. En 2015, HSBC mise sur un ratio cash flow opérationnel (après dividendes) sur dette nette de 38%, et ratio dette brute sur Ebitda de 2 fois.
Si les cours de Lafarge devraient rester maintenant intimement corrélés jusqu’à la fusion attendue au premier semestre 2015, les analystes intègrent les 1,4 milliard d’euros de synergies annoncées dans leurs objectifs de cours. Deutsche Bank vise par exemple 73,70 euros, Exane BNP Paribas 77 euros, et JPMorgan 80 euros pour Lafarge dont le cours a fini à 65,79 euros en hausse de 0,08%. Pour Holcim, HSBC vise 83 francs suisses, JPMorgan 88 francs, Aurel BGC 90 francs, Deustche Bank et Exane BNP Paribas 96 francs. L’action Holcim a cédé 1,41% à 81,35 francs hier.
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