Les services aux collectivités se préparent à une année 2012 difficile

Veolia devrait avoir touché un point bas, tandis que Suez Environnement pourrait pâtir plus violemment du ralentissement économique
Bruno de Roulhac

Entre récession, coût de refinancement plus élevé et baisse des prix des matières premières, le secteur des services aux collectivités se prépare une difficile année 2012. Pourtant, 2011 aura été ardue, avec une chute de 62% de l’action Veolia Environnement, plus forte baisse du CAC 40. Dans son sillage, Suez Environnement a abandonné 43%, affecté ces dernières semaines par sa sortie du CAC 40, alors que l’indice limite son recul à 18%. Néanmoins, Suez Environnement se traite sur un ratio valeur d’entreprise sur Ebitda 2012 de 4,9 contre 6,3 pour l’ensemble du secteur, ce qui pourrait «conduire à une reprise limitée à court terme», estime Credit Suisse, constatant que le ratio cours sur bénéfice (PE) récurrent 2012 de 13,4 est bien au-dessus des 9,7 moyens du sous-secteur.

Après sa série d’avertissements sur résultats en 2011, Veolia devrait avoir touché un point bas. Son plan stratégique, annoncé début décembre, donne plus de visibilité, même si cette restructuration «ne portera intégralement ses fruits qu’à partir de l’exercice 2014, note CM-CIC. La confiance à reconstruire passera par la réalisation des engagements». Notamment la cession de sa part de 50% de Veolia Transdev, qui représente un tiers du programme de cessions d’actifs de 5 milliards d’euros d’ici à 2013.

Quant à Suez Environnement, il entre plutôt dans une phase défavorable. Tout en conservant des fondamentaux sains, les plans d’optimisation de coûts du groupe «ne devraient pas être suffisamment importants pour juguler les conséquences du ralentissement économique», note Natixis. Pour sa part, Credit Suisse a récemment abaissé ses anticipations de bénéfice par action récurrent (BPA) 2011 de 0,89 euro à 0,54 euro (contre 0,76 euro en 2010) en raison des surcoûts (52 millions au premier semestre et 185 millions au troisième trimestre) liés au contrat de l’usine de dessalement d’eau de mer de Melbourne. Le bureau d’analyse ne table plus que sur une croissance moyenne annuelle du BPA de 1% sur 2010-2013, contre 9,8% pour le secteur et 11% attendu auparavant, en raison de la plus faible croissance du PIB en Europe et d’une vision plus tempérée des marges futures dans un contexte de réduction du pricing power. Parallèlement, Credit Suisse n’attend plus qu’une croissance annuelle moyenne du dividende de 1,6% sur 2010-2013, en ligne avec le secteur à 1,5%, mais contre 6% espéré auparavant.

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