Les scissions profitent aux nouvelles valeurs cotées en Bourse
Les scissions d’entreprise ont le vent en poupe. Qu’elles soient à l’initiative de l’émetteur, comme Bayer hier encore avec sa division plastique, ou réclamées par des actionnaires activistes, à l’image de Nelson Peltz chez le groupe chimique DuPont, les opérations de spin-off alimentent le mouvement de M&A. Censées donner un coup de fouet au cours de Bourse des groupes qui les mènent, elles peuvent aussi laisser espérer de belles performances aux actionnaires des nouvelles valeurs issues de ces transactions.
L’indice Bloomberg US Spin-off affiche ainsi, au 17 septembre, une croissance de 9,35% pour 2014, et de 24,89% sur un an glissant. Il rassemble 42 valeurs américaines ayant chacune une capitalisation boursière supérieure au milliard de dollars, et issues de spin-off. Le groupe pharmaceutique AbbVie, séparé d’Abbott Laboratories, pèse à lui seul 21% de l’indice. L’US Spin-off se paie près de 21 fois les résultats de ses membres, contre 18 fois pour le S&P 500, qui affiche des performances un peu inférieures, à 8,3% sur 2014 et 16% sur un an. Il représente une capitalisation boursière cumulée de 343 milliards de dollars.
Encore faut-il savoir mener ces opérations avec doigté. La société aurifère sud-africaine AngloGold vient d’en faire l’amère expérience. Elle a dû renoncer lundi à scinder ses activités hors d’Afrique du Sud pour les mettre en Bourse à Londres, comme elle l’avait annoncé le 10 septembre. Le projet était en effet subordonné à une augmentation de capital de 2,1 milliards de dollars avec droits préférentiels de souscription qui devait alléger la dette du groupe. Cette perspective a aussitôt fait dévisser le cours de Bourse de 14,6% le jour de l’annonce, et le titre AngloGold traitait encore hier 13% en dessous de son niveau du 9 septembre. Après avoir consulté les deux tiers de ses actionnaires, la compagnie s’est rendu compte qu’elle n’aurait pas leur soutien.
«Le concept est bon, mais la manière dont ils le mettent en œuvre, avec cette émission d’actions massivement dilutive, est destructrice de valeur», a déclaré le gérant de hedge fund John Paulson, qui détient 6,6% du capital d’AngloGold. Une pierre dans le jardin de Goldman Sachs, d’UBS et de Rothschild: les banques conseils de la société ont dû renoncer à la perspective de se partager des commissions estimées entre 15 et 25 millions de dollars.
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