Les résultats décevants d’Alcoa laissent deviner une économie mondiale chancelante

Le géant de l’aluminium a publié des résultats trimestriels en hausse mais inférieurs aux attentes. Le groupe reste confiant sur la demande à long terme
Benoît Menou

Le défiléd’automne des résultats trimestriels outre-Atlantique a malheureusement débuté hier soir sur un faux pas. En cause, le géant de l’aluminium Alcoa, qui est traditionnellement le premier au sein de l’indice Dow Jones à dévoiler ses comptes, a publié des résultats certes en hausse mais bien inférieurs aux attentes. De quoi alimenter un repli de 5% du cours en après-Bourse ainsi qu’un sentiment de prudence sur les places boursières cette nuit, notamment en Australie où les matières premières tiennent le haut du pavé.

Le résultat net des activités poursuivies s’est élevé au troisième trimestre à 172 millions de dollars (15 cents par action), en nette hausse par rapport aux 61 millions (6 cents) enregistrés un an plus tôt. Les analystes des consensus Reuters et Bloomberg attendaient pourtant un bénéfice par titre de 22 cents après avoir qui plus est revu récemment leurs attentes à la baisse du fait de la baisse des prix des métaux. Le chiffre d’affaires trimestriel d’Alcoa a progressé de 21% à 6,4 milliards de dollars. Il est cependant en baisse de 3% face à celui du deuxième trimestre du fait d’une chute séquentielle de 20% des cours de l’aluminium.

«Alcoa garde confiance dans un monde extrêmement nerveux» a indiqué le directeur général Klaus Kleinfeld, se voulant rassurant tout en n’écartant pas les risques que font peser sur le groupe les incertitudes économiques mondiales. Ces dernières, de l’aveu même du groupe de Pittsburgh, ont conduit les clients européens à réduire «drastiquement» leurs commandes. Klaus Kleinfeld concède que la demande a reculé par rapport au deuxième trimestre dans les secteurs automobile et industriel, dans le bâtiment et l’emballage.

Le dirigeant anticipe une croissance ralentie jusqu'à la fin de l’année, tout en maintenant sa prévision d’une hausse de 12% des prix mondiaux de l’aluminium sur l’ensemble de l’année. Il a d’ailleurs relevé de deux points à 17% son estimation de croissance de demande de la part de la Chine, qui joue plus que jamais son rôle de locomotive. Alcoa a d’ailleurs tenu à confirmer son estimation d’une demande mondiale multipliée par deux d’ici 2020. Pas de doute pour Klaus Kleinfeld, l’atonie actuelle ne remet pas en cause les puissantes tendances de long terme du marché, sur fond d’augmentation de la population et d’urbanisation. L’horizon plus proche n’est pas si dégagé.

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