Les résultats de GDF Suez suspendus à l’évolution de la réglementation
«Nous avons besoin d’une règle du jeu claire.» Lors de l’assemblée générale de GDF Suez, Gérard Mestrallet, le PDG du groupe gazier, a reconnu que le gel du prix du gaz décrété en avril par le gouvernement français pour les douze prochains moins, jusqu’aux élections présidentielles, avait modifié la donne. Certes, la direction a confirmé ses perspectives de résultats pour la période 2011-2013 mais elle a reconnu qu’elles reposent sur l’absence de «changement substantiel de la réglementation». Ces objectifs incluent un résultat brut d’exploitation (Ebitda) compris entre 17 et 17,5 milliards d’euros en 2011 (+12% à +16%) et de plus de 20 milliards en 2013 (+30%). Au premier trimestre 2011, l’Ebitda a atteint 5,5 milliards, en croissance de 6,1%, et les ventes de GDF Suez se sont élevées à 25,5 milliards d’euros, en hausse de 6,9%.
«La loi fait obligation de répercuter dans les tarifs tous les coûts d’approvisionnements. En même temps, nous sommes conscients qu’il faut préserver le pouvoir d’achat des Français. L'équation n’est pas simple, mais nous allons faire des propositions au gouvernement», a expliqué Gérard Mestrallet. Le groupe dit étudier avec l’Etat et la Commission de régulation de l'énergie «les ajustements possibles à apporter à la formule tarifaire actuellement en vigueur, afin de maintenir un cadre légal pour les prochaines échéances tarifaires», ce qui pourrait permettre de compenser une partie des conséquences financières du gel des prix.
L’enjeu est de taille pour le groupe. Pour 1% de hausse du tarif réglementé non répercuté sur le prix de vente, le premier distributeur de gaz en France perd en effet 100 millions d’euros d’excédent brut d’exploitation annuel. La conséquence du gel décidé pour juillet est supportable car le troisième trimestre de l’année n’est pas la période où les Français consomment le plus de gaz. Mais si le groupe devait renoncer à une nouvelle hausse en janvier prochain, le manque à gagner pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d’euros. Les analystes de CA Cheuvreux estiment l’impact à plus de 500 millions d’euros. Pour tenter de réduire un peu plus le choc financier, Gérard Mestrallet a indiqué hier que le groupe a «repris les négociations avec les grands fournisseurs pour renégocier les contrats de long terme (indexés sur les prix du pétrole)».
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