Les relations entre Séché et la Caisse des dépôts touchent à leur fin
Leurs relations s’étaient nettement refroidies ces derniers mois, depuis l’affaire de la restructuration de la dette de la Saur. Séché Environnement et la Caisse des dépôts et consignations ont décidé d’engager leur séparation. Utilisant son plan de rachats d’actions, le groupe de traitement des déchets a annoncé hier l’acquisition de 9% de son propre capital auprès de la CDC qui avait repris en 2013 une participation un temps logée chez Bpifrance (ex-FSI). Les titres seront annulés dans «les meilleurs délais», indique Séché. Dans le même temps, Amarosa, la holding de Joël Séché, le PDG éponyme du groupe, a acquis 2% supplémentaires auprès de la CDC. Ces opérations ont été réalisées au prix de 30,14 euros par action, correspondant au cours de clôture du 20 mai. L’action a gagné 60% depuis le début de l’année.
Ces deux cessions rapportent un peu plus de 28 millions d’euros à la CDC. Cette dernière conservera, après l’annulation des titres par Séché, 9,89% du capital, contre 20% auparavant. Ses droits de vote tomberont à 7,98%. Conséquence, ses deux représentants au conseil d’administration du groupe, Jean Bensaïd et Françoise Tauzinat, ont démissionné de leur mandat. «La participation dans Séché Environnement est désormais gérée comme une participation strictement financière», indique la CDC, ce qui ouvre la voie à une sortie progressive, les deux parties n’étant plus liées par leur pacte d’actionnaires.
Séché et la CDC mettent ainsi un terme à plus de dix années de collaboration qui ont permis au groupe de traitement des déchets de quadrupler son chiffre d’affaires à plus de 400 millions d’euros fin 2014. La CDC était entrée au capital de Séché en 2001 à l’occasion de la cession de sa filiale Alcor au groupe. Elle s’était par la suite renforcée en 2006, à 14,07% du capital, en rachetant la part d’Apax Partners. L’exercice de bons de souscription d’actions lui avait permis d’atteindre la barre des 20%.
Mais la bonne entente s’était fissurée avec l’affaire de la Saur. Actionnaire des deux groupes, le FSI de l’époque avait bloqué en 2012 les ambitions de Joël Séché sur le groupe de distribution d’eau. «L’argent public mis à la disposition du FSI sert au développement des entreprises, non à servir des intérêts particuliers», avait publiquement déclaré le Fonds. Désormais, avec 48,5% du capital et 57,77% des droits de vote, Joël Séché sera plus libre de ses mouvements.
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