Les profits américains du dernier trimestre 2010 s’annoncent historiques

Selon Bloomberg, il s’agit du meilleur trimestre depuis 1992. Alcoa est le premier groupe du Dow Jones à publier ses résultats aujourd’hui
Olivier Pinaud
Un trader du NYSE surmonté de lunettes 2011... Photo: Bloomberg
Un trader du NYSE surmonté de lunettes 2011... Photo: Bloomberg  - 

«America Corp» est en grande forme. Alors qu’Alcoa est le premier groupe du Dow Jones à publier ses résultats annuels aujourd’hui après Bourse, les profits de la fin d’année 2010 s’annoncent excellents. Historiques mêmes, selon Bloomberg. L’agence n’avait jamais enregistré un tel niveau de résultats depuis la création de sa base de données en 1992. Le bénéfice par action cumulé de l’indice S&P 500 devrait ainsi atteindre 22,05 dollars pour le seul quatrième trimestre 2010, soit 20% de plus qu’un an auparavant. Même en retirant les valeurs financières, dont les résultats ont fortement rebondi en 2010 par rapport à 2009, la croissance ressort encore à 12% au dernier trimestre. Au bout du compte, 2010 serait l’année la plus profitable depuis 2007.

Tous les secteurs devraient avoir profité de cette croissance. Alcoa, par exemple, premier producteur d’aluminium américain, devrait annoncer ce soir un bénéfice par action de 18 cents pour le quatrième trimestre, selon le consensus Bloomberg, contre une perte de 28 cents un an auparavant. La hausse des prix de l’aluminium et la reprise de la demande industrielle expliquent ce redressement. Les compagnies aériennes devraient également toutes afficher des bénéfices, une première depuis 2007.

Selon Brian Belski, le responsable des investissement chez Oppenheimer & Co, le redémarrage industriel aux Etats-Unis commence de plus en plus à se faire sentir dans les résultats des grands groupes au côté de l’activité dans les pays émergents, principal levier des entreprises américaines. «L’effet de la croissance domestique devrait être plus fort en 2011», indique le gérant à Bloomberg.

Pour autant, le rythme de progression des bénéfices devrait progressivement ralentir pour revenir à la normale au cours des prochains trimestres. En 2010, grâce à une base de comparaison favorable par rapport à 2009, les profits trimestriels du S&P 500 ont bondi de 40% au deuxième trimestre, de 25% au troisième et de 20% au dernier. En 2011, cet effet ne jouera plus. Les grands groupes seront donc jugés sur les fondamentaux de leurs bénéfices et sur leur capacité à rémunérer les actionnaires via une amélioration des dividendes. Les sociétés du S&P 500 disposent de plus de 2.000 milliards de dollars de trésorerie disponible.

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