Les privatisations en Europe ont stimulé l’activité du marché primaire actions
Les opérations réalisées en Europe par le biais d’introductions en Bourse (IPO), de placements secondaires ou émissions d’obligations convertibles ont atteint 211,9 milliards de dollars (155,8 milliards d’euros) depuis le début de 2013, rapportent les statistiques de Thomson Reuters arrêtées au 5 décembre, soit un bond de 75% par rapport à l’an dernier à la même époque.
Sur ce total, le montant des IPO a progressé de 132% à 32,1 milliards, celui des placements secondaires de 74% à 149,5 milliards, tandis que la progression des émissions de convertibles est restée plus modérée (+42% à 30,3 milliards). «Il y a eu une réallocation globale des capitaux (...), une rotation des pays émergents vers les marchés développés dont l’Europe a bénéficié, tandis que les fonds actions attiraient des capitaux aux dépens des fonds obligataires», commente Achintya Mangla, co-directeur Equity Capital Markets de JPMorgan.
Le marché primaire a bénéficié dans plusieurs pays du dynamisme des privatisations qui représentent 23,8 milliards de dollars depuis le 1er janvier, soit quasiment le même niveau qu’en 2007, souligne de son côté Dealogic. Le gouvernement polonais a ainsi retiré l’équivalent de 700 millions de dollars de la vente de 31% de la compagnie publique Energa le 3 décembre. Le même jour, la cession de sa participation dans l’opérateur postal CTT a rapporté au Portugal 715 millions de dollars. Les investisseurs financiers se sont délestés de participations représentant 21,4 milliards de dollars, contre 9,2 milliards vendus sur la même période de 2012, ajoute Dealogic. Les cessions de titres réalisées par les dirigeants d’entreprises s’élèvent pour leur part à 3,5 milliards de dollars.
Bien qu’ils soient motivés par des logiques différentes, les désengagements annoncés vendredi par PostNL et Nestlé rallongeront la liste des placements secondaires. En cédant, via un placement privé, la moitié de sa part de 29,8% dans TNT Express pour 507 millions d’euros, l’opérateur postal néerlandais veut avant tout accélérer son désendettement. La vente par le groupe suisse des 10% qu’il détient depuis janvier 2002 dans Givaudan, premier fabricant mondial d’arômes et de parfums, répond de son côté à la volonté de céder à bon prix une activité devenue non stratégique. La valeur de cette participation, qui atteint 940 millions d’euros, a en effet plus que doublé en douze ans.
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