Les pressions réglementaires se renforcent sur Facebook
L’Allemagne interdit temporairement au réseau social d’utiliser les données de WhatsApp, et Israël l’épingle en matière de M&A.
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Yves-Marc Le Réour
Facebook est dans le collimateur de régulateurs allemand et israélien.
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La protection des données personnelles et le respect des lois antitrust causent à nouveau des problèmes à Facebook. Un régulateur allemand a ordonné mardi au groupe américain de suspendre durant trois mois l’utilisation des données mises à sa disposition par son service de messagerie WhatsApp dans le cadre de la modification controversée de ses conditions de confidentialité. Johannes Caspar, chef de l’Autorité de protection des données de Hambourg, explique que cette décision, qui résulte d’une procédure d’urgence, «vise à préserver les droits et libertés des millions d’utilisateurs qui donnent leur consentement aux conditions d’utilisation dans toute l’Allemagne». L’ordonnance interdit à Facebook Ireland de traiter les données personnelles de WhatsApp «dans la mesure où cela est fait à ses propres fins».
Influence sur les électeurs
Pour le régulateur allemand, il ne s’agit pas seulement de protéger la vie privée des utilisateurs mais également d'éviter l’utilisation des données «pour influencer les décisions des électeurs afin de manipuler les choix démocratiques», à l’approche des élections législatives du 26 septembre en Allemagne où WhatsApp compte près de 60 millions d’utilisateurs. Dans sa réaction à ce jugement, le service de messagerie assure que cette ordonnance «est basée sur une incompréhension fondamentale» des nouvelles règles et qu’elle n’aura donc «aucun impact sur la poursuite du déploiement de la mise à jour». L’affaire sera transmise au Comité européen de la protection des données, organe compétent au sein de l’Union européenne pour faire respecter la réglementation au sein des 27 pays membres.
En Israël, l’autorité de la concurrence a fait savoir mardi qu’elle envisageait d’imposer à Facebookune amende équivalente à 1,8 million de dollars (1,5 million d’euros) pour avoir acquis en 2018 et 2019 deux entreprises israéliennes, RedKix et Service Friend, sans avoir obtenu le consentement de l’agence, ce qui était obligatoire en raison d’une part de marché supérieure à 50% du groupe américain dans les réseaux sociaux du pays. Cette amende est soumise à une audience et Facebook a le droit de soumettre ses commentaires à la directrice générale de l’autorité, Michal Halperin, dans un délai de 60 jours «Il n’y avait aucune obligation de déclaration concernant ces transactions et nous pensons que l’autorité parviendra à la bonne conclusion», a estimé un porte-parole de Facebook, ajoutant que le groupe allait coopérer avec l’agence.
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