Les PME exportatrices françaises restent confiantes contre vents et marées

Les taux de change et l’insécurité des paiements constituent les principaux freins à l’export, selon l’enquête d’Euler Hermès
Benoît Menou

Une écrasante majorité des PME exportatrices françaises veut encore croire aux lendemains qui chantent. Selon le Baromètre Export d’Euler Hermès réalisé entre mai et septembre auprès de 882 sociétés, 91,3% d’entre elles jugent ainsi leurs perspectives commerciales à l’export à l’horizon de 12 mois «assez bonnes» (75,3%) voire «très bonnes» (16%).

L’assureur crédit se désole néanmoins que pour l’instant «la dynamique export peine à repartir» au sortir de la crise. Pour Karine Berger, chef économiste d’Euler Hermès, «la France n’a pas pleinement profité de la phase de rebond de l’économie mondiale et a continué à perdre des parts de marché». Elle souligne qu’alors que la progression du commerce mondial est estimée à 22% depuis le deuxième trimestre 2009, celle des exportations françaises est limitée à 12%, bien en deçà des 20% affichés par l’Allemagne. Dès lors, en dépit de six trimestres consécutifs de hausse, le volume des exportations françaises au troisième trimestre 2010 reste inférieur de 6% au plus haut observé au premier trimestre 2008.

Les principaux obstacles sur la voie du succès des efforts commerciaux internationaux sont selon les sociétés interrogées les taux de change, en l’occurrence la «volatilité accrue de l’euro», et l’insécurité des paiements à l’étranger. «Le risque d’impayés et le risque souverain sont revenus au premier plan» assure ainsi Ludovic Sénécaut, le président du directoire d’Euler Hermès.

Dans ce contexte, les PME souhaitent accroître la part de leurs exportations hors de la zone euro, tout particulièrement vers les Bric (Euler estime à 17% la hausse des volumes vers ces derniers sur douze mois à fin septembre). Si l’Allemagne occupe la première place tant des destinations 2009 que des pays visés cette année, la Chine en effet passe de la dixième à la deuxième place (avec une croissance des volumes estimée à 28% sur un an à fin septembre), la Russie de la onzième à la huitième. Tandis que les Etats-Unis passent de la sixième à la troisième place.

Pourtant, l’enquête révèle que la hausse des exportations vers les marchés émergents «se dessine» mais «n’est pas encore pleinement confirmée». Sur un an à fin septembre, l’Europe concentre 69% du volume d’exportations, ne laissant que la portion congrue aux autres destinations (dont l’Asie pour 11% ou l’Amérique pour 9%).

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