Les placements privés de prêts restent encore marginaux
Après le pic de fin 2012, le rythme de placements privés de dette par des émetteurs non notés ou non cotés a sensiblement ralenti. Une simple pause liée à la consolidation des comptes annuels, selon de nombreux intervenants, qui attendent une forte reprise des opérations d’ici à la mi-juillet.
«La période redevient propice. Nous avons 4 ou 5 dossiers en cours de préparation», indique François-Xavier Bouis, le fondateur de la Compagnie financière Jacques Cœur, qui a notamment participé l’an dernier aux placements privés de la Foncière 6 & 7 ou de Cofitem Cofimur.
Ce rebond devrait essentiellement être tiré par les émissions d’obligations. Le format «loan» reste en effet marginal. S’il est difficile d’obtenir des statistiques exhaustives sur des émissions par nature confidentielles, conclues souvent entre une entreprise soucieuse de préserver la confidentialité de ses comptes et une poignée d’investisseurs, les analystes de la Société Générale recensent six placements privés de loans sur les 44 placements privés réalisés en France au cours des douze derniers mois. Les montants levés, 400 millions, représentent environ 10% du marché des «PP».
Ce décalage s’explique par une moindre profondeur des poches de liquidités consacrées par les assureurs à ce type de crédit, notamment en raison des contraintes réglementaires. Le marché du crédit est soumis au monopole bancaire. Les assureurs peuvent détenir directement des prêts sous certaines conditions (au moins deux ans de maturité, garantis ou émis par une société cotée en Bourse), via un véhicule de titrisation, ce qui complique leur intervention, ou par l’intermédiaire d’une structure bilatérale avec une banque, sur le modèle des accords conclus entre CA CIB et Axa, SG et Axa, BNP Paribas et Cardif.
Ensuite, le format loan ne s’adresse qu’à une catégorie relativement limitée d’émetteurs, pour des tickets ne dépassant pas 100 millions d’euros. Au-delà, il est nécessaire d’aller chercher une base d’investisseurs plus large et plus profonde, et donc de se tourner vers l’émission obligataire.
Le placement privé de loans offre toutefois un avantage. La documentation nécessaire est inspirée des contrats bancaires existants. Cela permet d’aller vite avec un coût un peu moins cher qu’une obligation, car cela évite d’avoir à faire une documentation spécifique. Un deal généralement limité à trois investisseurs maximum.
{"title":"","image":"79780»,"legend":"placements priv\u00e9s»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Vontobel élargit sa gamme obligataire sur le crédit investment grade
Le gestionnaire d’actifs ne s'interdit pas de chercher des opportunités sur les marchés de la dette senior et subordonnée notés high yield. -
Une nouvelle étude critique la divulgation publique des noms des vendeurs à découvert en Europe
Le consultant Copenhagen Economics, missionné par la Managed Funds Association, y voit un frein à l'activité des détenteurs de positions courtes nettes en Europe. -
Amundi sort un trimestre solide mais sans records
Le gestionnaire d'actifs du groupe Crédit Agricole voit sa dynamique de collecte freinée par la réallocation d'une partie d'un mandat d'un fonds de pension indien qui n'impacte pas ses résultats pour autant selon sa directrice générale Valérie Baudson.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Numéro de téléphoneUkraine : les Européens veulent être représentés dans les négociations, mais par qui ?
La récente agitation diplomatique dans le dossier russo-ukrainien a relancé cette question, sur laquelle l’Europe ne cesse de buter -
Centre du jeuEn Israël, les partis arabes faiseurs de roi, vraiment ?
Les deux listes palestiniennes d'Israël ont connu une progression spectaculaire, mais il faudra d'intenses négociations pour parvenir à une alliance avec l'opposition de Gadi Eisenkot -
Dissonance cognitive« C'est difficile de passer le mur du son » : face à la dette, une présidentielle entre déni et rigueur
Alors que l'envolée des taux d'intérêt menace les finances hexagonales à six mois du scrutin, les candidats peinent à imposer le sujet, quand ils ne l'éludent pas