Les placements privés de prêts restent encore marginaux
Sur les 44 placements privés de dette réalisés au cours des douze derniers mois, seuls six ont pris le format «loan»
Publié le
Olivier Pinaud
Après le pic de fin 2012, le rythme de placements privés de dette par des émetteurs non notés ou non cotés a sensiblement ralenti. Une simple pause liée à la consolidation des comptes annuels, selon de nombreux intervenants, qui attendent une forte reprise des opérations d’ici à la mi-juillet.
«La période redevient propice. Nous avons 4 ou 5 dossiers en cours de préparation», indique François-Xavier Bouis, le fondateur de la Compagnie financière Jacques Cœur, qui a notamment participé l’an dernier aux placements privés de la Foncière 6 & 7 ou de Cofitem Cofimur.
Ce rebond devrait essentiellement être tiré par les émissions d’obligations. Le format «loan» reste en effet marginal. S’il est difficile d’obtenir des statistiques exhaustives sur des émissions par nature confidentielles, conclues souvent entre une entreprise soucieuse de préserver la confidentialité de ses comptes et une poignée d’investisseurs, les analystes de la Société Générale recensent six placements privés de loans sur les 44 placements privés réalisés en France au cours des douze derniers mois. Les montants levés, 400 millions, représentent environ 10% du marché des «PP».
Ce décalage s’explique par une moindre profondeur des poches de liquidités consacrées par les assureurs à ce type de crédit, notamment en raison des contraintes réglementaires. Le marché du crédit est soumis au monopole bancaire. Les assureurs peuvent détenir directement des prêts sous certaines conditions (au moins deux ans de maturité, garantis ou émis par une société cotée en Bourse), via un véhicule de titrisation, ce qui complique leur intervention, ou par l’intermédiaire d’une structure bilatérale avec une banque, sur le modèle des accords conclus entre CA CIB et Axa, SG et Axa, BNP Paribas et Cardif.
Ensuite, le format loan ne s’adresse qu’à une catégorie relativement limitée d’émetteurs, pour des tickets ne dépassant pas 100 millions d’euros. Au-delà, il est nécessaire d’aller chercher une base d’investisseurs plus large et plus profonde, et donc de se tourner vers l’émission obligataire.
Le placement privé de loans offre toutefois un avantage. La documentation nécessaire est inspirée des contrats bancaires existants. Cela permet d’aller vite avec un coût un peu moins cher qu’une obligation, car cela évite d’avoir à faire une documentation spécifique. Un deal généralement limité à trois investisseurs maximum.
Les régulateurs américains veulent assouplir les exigences de fonds propres des banques afin de les replacer au cœur de l’origination des prêts hypothécaires. Mais le large recours à la titrisation et la forte part de marché prise par les acteurs non bancaires dans le prêt hypothécaire pourraient en limiter les effets.
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